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Athlétisme tunisien : une finale nationale en chute libre.

  • 14 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Athlétisme tunisien : une finale nationale en chute libre.

Le stade de Radès a accueilli, les 11 et 12 juillet 2026, ce qui devait être la grande finale du championnat national d’athlétisme. Mais le spectacle offert n’avait rien d’une fête sportive : participation famélique, niveau technique indigent et organisation qui frise la mascarade.*

Des finales sans concurrents
Le décathlon senior s’est déroulé avec… un seul athlète. Trois participantes à l’heptathlon, deux au 110 mètres haies, une seule au 3000 mètres steeple. Dans plusieurs disciplines — triple saut, lancer du disque, 400 mètres haies, marche — on ne comptait que deux ou trois concurrents. La plupart des finales se sont réduites à des épreuves symboliques, avec des jeunes de moins de 18 ou 20 ans intégrés illégalement pour « compléter le nombre ».

Un niveau technique alarmant
Au-delà du manque de participants, c’est la qualité des performances qui inquiète. Chronos insignifiants, sauts et lancers sans relief : impossible de distinguer les résultats d’une véritable compétition. Beaucoup d’athlètes présentaient un surpoids ou une condition physique indigne d’un championnat national. Étudiants, anciens sportifs ou amateurs reprenant l’entraînement depuis quelques semaines ont participé pour décrocher des médailles sans valeur réelle.

Les jeunes catégories en souffrance
Chez les moins de 16 ans, l’absence de formation de base et de talents prometteurs est criante. Les championnats des moins de 18 et moins de 20 ans, organisés une semaine plus tôt, n’ont pas fait mieux : participation faible, résultats médiocres. Les meilleurs jeunes ont préféré l’Algérie, devenue la destination incontournable pour obtenir des minima qualificatifs aux Mondiaux.

Une crise structurelle
Depuis plus de quinze ans, les résultats du championnat tunisien ne sont plus publiés, pour éviter de révéler l’ampleur du déclin. On se contente d’albums photos et de vidéos officielles, transformant la compétition en simple cérémonie. Les clubs, financièrement exsangues, survivent grâce aux subventions municipales. Près de 90 % des athlètes arrêtent après le baccalauréat, faute de perspectives. Les vrais cadres techniques ont quitté le pays pour des destinations où leurs compétences sont respectées.

Un avenir incertain
Quelques passionnés continuent de défendre leurs principes et de former malgré tout, mais ils apparaissent comme des exceptions dans un système à bout de souffle. L’athlétisme tunisien, jadis discipline phare, semble aujourd’hui réduit à une caricature. Tant que les réformes structurelles ne seront pas engagées, les « finales nationales » resteront des mascarades, loin de l’esprit de compétition et de l’exigence sportive.

Auteur

S. R

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