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Réclamant un revenu minimal de 80 dinars, les livreurs des applications mobiles en grève

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  • 15 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Réclamant un revenu minimal de 80 dinars, les livreurs des applications mobiles en grève

La nouvelle risque de déplaire aux très nombreux Tunisiens qui, pour se mettre quelque chose sous la dent, jettent leur dévolu sur la livraison des repas ! Au grand dam des ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour se remplir le ventre, les livreurs font justement leur toute première révolte, menaçant de mettre leurs motos à l’arrêt si leur voix n’est pas entendue.

En effet, les agents de livraison opérant pour le compte des différentes applications mobiles de restauration rapide ont officiellement déclenché un mouvement de grève générale et de cessation de travail. Flambée des prix du carburant et des recharges téléphoniques exigent, les coursiers à deux-roues comptent effectivement débrayer, tant ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts ! Leur demande ? Ils exigent un tarif-plancher de 3 dinars par course pour que leur labeur soit véritablement rentable…

C’est du moins ce qu’a laissé entendre le porte-parole des coursiers grévistes lors de son intervention ce mercredi 15 juil. 26 au micro de Jawhara FM.  Explicitant les raisons de ce débrayage, l’intervenant a affirmé que ce mouvement protestataire tend à arracher une revalorisation substantielle de leurs conditions socio-professionnelles, devenues, selon ses termes, « précaires » au fil des derniers mois.

Il a indiqué que les doléances des grévistes mettent en lumière un déséquilibre financier lourd entre l’investissement matériel des coursiers d’un côté et les algorithmes de rémunération technologique de l’autre. Les grévistes soulignent que l’explosion de leurs charges d’exploitation directes incluant le prix de l’essence pour les motocyclettes, l’entretien des deux-roues et le coût des forfaits de recharge internet mobile, indispensables pour faire tourner les applications de géolocalisation, a fini par s’accaparer l’intégralité de leurs gains. Pour renverser la vapeur, « les livreurs n’ont d’autres recours que d’exiger l’instauration d’un tarif-plancher obligatoire fixé à 3 dinars pour toute course comprise dans un rayon de 0 à 3 kilomètres », a exprimé le représentant des grévistes. Et d’ajouter qu’ils réclament également la facturation isolée de chaque livraison, exigeant l’interdiction des pratiques de cumul des commandes. Pratique qui ne profite qu’aux plateformes mais qui réduit drastiquement les bonus du transporteur.

Sur les pas du modèle des licences de taxi

Les revendications, a expliqué l’intervenant, ciblent également l’abrogation du système de planification par heures fixes. « Il s’agit d’un mécanisme rigide qui pénalise lourdement les coursiers en cas de force majeure, à l’instar d’une crevaison ou d’une avarie mécanique soudaine sur le deux-roues », a-t-il noté. À la place, il a indiqué que les grévistes demandent « l’alignement de l’application sur le modèle d’exploitation des chauffeurs de taxi, basé sur un système libre d’ouverture et de fermeture des sessions de connexion (Log-in / Log-out) selon la disponibilité du travailleur ».

Le représentant des livreurs assortit les demandes d’un filet de sécurité financier minimal pour pérenniser l’activité. « Les grévistes réclament l’inscription contractuelle d’un revenu journalier minimum garanti fixé à 80 dinars tunisiens pour une amplitude horaire standard de 8 heures de travail effectif », relate-t-il.

En bloquant la chaîne logistique de distribution de la restauration rapide au cœur de la saison estivale, les coursiers entendent forcer les décideurs à la table des négociations pour réglementer ce secteur qui ne cesse de prospérer sans que les droits de ces gendarmes, maillons essentiels de la chaîne de livraison, ne soit, jusque-là, étudiés de façon digne et équitable… Affaire à suivre !

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Auteur

Abir Chemli

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