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Tozeur – Sous le soleil de plomb du Djérid : Entre torpeur diurne et magie nocturne

  • 16 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Tozeur – Sous le soleil de plomb du Djérid : Entre torpeur diurne et magie nocturne

Sous le soleil de plomb du Sud tunisien, la vie s’apprivoise à l’ombre des palmiers. À Tozeur, la rudesse du climat estival impose sa loi, contraignant toute une région à se claquemurer aux heures de braise. Pourtant, derrière les murs épais des maisons traditionnelles, bat le cœur d’une communauté résiliente qui attend son heure. Dès les premiers rayons déclinants, le Djérid renaît, transformant la chaleur étouffante de la journée en de vibrantes et fraîches soirées de partage. Découvrez comment les oasis défient la rigueur de l’été.

La Presse — Au pays du Djérid, là où s’entrelacent les ombres des palmiers majestueux et où s’alignent les maisons chaleureuses, témoins de l’ancrage millénaire de cette terre, l’été écrit les chapitres d’un récit fait de patience et de cohabitation avec le souffle brûlant du sirocco. Là-bas, les journées caniculaires se métamorphosent en un tableau vivant, animé par une dynamique ingénieuse que maîtrisent à la perfection les habitants de la région, habitués à leur climat et réconciliés avec leur soleil de plomb.

Les villages et les petites villes s’éveillent dès les premières heures de l’aube. Dès qu’apparaît la première lueur du jour et que la fraîcheur de la brise matinale dissipe l’obscurité, emportant avec elle le souffle pur de l’oasis, la vie s’anime soudainement. Les gens sortent de chez eux comme une ruche en plein essor, s’empressent de se mettre au travail avant que le soleil n’impose sa loi brûlante sur la terre.

Dès le petit matin, on voit tout le monde s’activer dans une course louable contre le temps. Ici, un agriculteur, pagne noué à la taille, met le cap sur «la forêt» — ces oasis verdoyantes qui s’étendent comme des paradis terrestres recelant les secrets de la vie. Il se glisse sous leurs ombres bienveillantes pour inspecter les régimes de dattes qui commencent à se teinter de l’or des fruits mûrissants, et se dépêche d’orienter les canaux d’irrigation pour étancher la soif de la terre avant que la chaleur ne devienne intolérable. En parallèle, les marchés et les places résonnent d’une activité bouillonnante et d’un tumulte chaleureux : les habitants se hâtent de régler leurs affaires, d’acheter leurs provisions quotidiennes et d’échanger de salutations rapides au cœur de la ville et des villages. Car chacun sait que la fenêtre de fraîcheur est de courte durée, et que le soleil de l’après-midi ne fait aucun cadeau aux retardataires.

À la mi-journée, lorsque le soleil atteint le zénith et darde ses rayons ardents jusqu’à figer le silence, le paysage change radicalement et de manière soudaine. Un silence solennel s’installe, les rues et les sentiers se vident de leurs passants, et toute la région entre dans une trêve de « sieste » obligatoire. Chacun se réfugie dans la fraîcheur de sa maison, bâtie avec ingéniosité pour repousser la chaleur, s’abandonnant à un calme absolu que seul rompt le bruissement des palmes dans les hauteurs, en attendant que le soleil retire ses fils de feu et disparaisse derrière l’horizon.

Dès que le crépuscule tombe et qu’une douce brise saharienne commence à souffler, la région secoue la poussière de sa torpeur temporaire. L’animation reprend de plus belle, mais sur un rythme beaucoup plus joyeux et détendu.

Les places et les terrasses de café font le plein, et les soirées se transforment en de longs moments de causeries et de retrouvailles chaleureuses entre amis et parents.

Pendant les nuits estivales du Djérid, les places s’illuminent d’activités et d’événements festifs. L’Homme y triomphe, avec sa dignité coutumière, de la rigueur de son climat, transformant son été brûlant en tranches de vie vibrantes d’activité, de partage et d’espoir.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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