Pour le troisième jour consécutif, on tente encore d’éteindre le brasier géant du mont Boughanem
Les autorités d’intervention livrent une véritable bataille contre les flammes qui se sont déclenchées au Kéf. L’incendie qui crépite encore au secteur forestier du mont Boughanem fait rage pour le troisième jour consécutif. Le Directeur général de la Protection civile est toujours sur les lieux et un hélicoptère militaire pilonne les foyers inaccessibles aux bulldozers.
Ce jeudi 16 juillet 2026, les forces de secours interarmées s’activent sans relâche pour contenir le violent incendie qui s’est déclaré dans la soirée du lundi 13 juillet au cœur du mont Boughanem. Le sinistre, localisé dans la zone accidentée de Hammam Mellègue à Sidi Abderrazek relevant de la délégation du Kef Ouest, fait l’objet d’un suivi au plus haut niveau.
Le porte-parole de l’Office National de la Protection Civile (ONPC) a confirmé que les unités territoriales, épaulées par les brigades forestières, luttent heure par heure pour circonscrire le feu tout en affrontant une topographie montagneuse hostile, des ravins abrupts et une absence totale de pistes carrossables.
Devant la gravité de la situation, le Directeur général de l’ONPC, et le responsable de l’Inspection générale de la protection civile, se sont rendus sur la ligne de front. Cette visite de commandement visait à sonder le dispositif tactique et à coordonner les assauts contre les sautes de feu.
Face à l’impossibilité d’acheminer les lignes de lances à eau terrestres vers les foyers résiduels les plus actifs, une alerte aérienne a été déclenchée. De fait, un hélicoptère bombardier d’eau de l’armée de l’air effectue désormais des rotations continues pour pilonner les crêtes escarpées et larguer des tonnes d’eau sur les zones d’accès critiques, ce qui constitue le fer de lance de cette contre-offensive.
La solidarité interrégionale s’est immédiatement activée pour prêter main forte. Le commandement central de la Protection civile a, en effet, ordonné le déploiement de colonnes de renfort lourdes en provenance de cinq directions régionales notamment de Sousse, Sfax, Sidi Bouzid, Gafsa et Tataouine. Cette armada logistique est appuyée par trois camions-citernes de grande capacité supplémentaires et deux puissants bulldozers de chantier chargés de cisailler la roche et d’ouvrir des pare-feux mécaniques dans la végétation dense.
Sur le flanc de la montagne, la résistance s’organise également au sol avec l’engagement de quinze ingénieurs et ouvriers spécialisés de la Direction générale des forêts. Ces derniers sont experts dans le maniement des outils de contre-feu manuels. L’ONPC, qui centralise la gouvernance de cette crise en coordination avec les autorités préfectorales du Kef, maintient un dispositif de veille permanent pour ajuster les trajectoires d’extinction.
Dans son plus récent communiqué de sécurité, la Protection civile réitère son appel pressant à la population locale et aux agriculteurs pour s’interdire formellement tout accès aux périmètres d’opération et respecter scrupuleusement les consignes de cantonnement des forces de l’ordre, une discipline civile indispensable pour garantir la sécurité des personnes et fluidifier les manœuvres des engins de secours.
S.R



