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Les réserves de change reculent à 91 jours, la Tunisie solde une dette de 700 millions de dollars : analyse de Moez Soussi

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  • 16 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Les réserves de change reculent à 91 jours, la Tunisie solde une dette de 700 millions de dollars : analyse de Moez Soussi

Le matelas de devises de la Tunisie encaisse un contrecoup frôlant le seuil des 91 jours. L’économiste Moez Soussi qualifie cette baisse des réserves nationales de « préoccupante, mais non critique ». Il souligne que le change a tout de même été utilisé à bon escient, ce qui écarte toute pression majeure sur le Trésor public d’ici la fin de l’année 2026.

En effet, intervenant ce jeudi 16 juillet 2026 au micro de Jawhara FM, l’expert et professeur d’économie a analysé le récent glissement des réserves nationales de change, tombées au seuil des 91 jours d’importation. Si l’universitaire qualifie cette trajectoire descendante de « préoccupante » pour les équilibres macroéconomiques globaux, il a tenu à rassurer les marchés en martelant que « la situation n’est pas critique ».

Il a veillé à expliquer que « cette contraction du stock de devises ne découle pas d’un effondrement des fondamentaux économiques, mais résulte du décaissement par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) d’une enveloppe lourde de 700 millions de dollars américains, dédiée au remboursement intégral d’un emprunt obligataire international contracté en 2016.

L’économiste invite ainsi les observateurs à adopter une lecture rationnelle et positive de cette opération financière. « En honorant ses échéances à échéance fixe et sans rééchelonnement, l’État tunisien valide sa solvabilité internationale et respecte ses engagements contractuels directs envers les places financières mondiales », indique Moez Soussi. Il rappelle « qu’un incident de paiement ou un retard technique sur cette ligne de crédit aurait provoqué une dégradation immédiate de la notation souveraine du pays, altéré la confiance des investisseurs et détérioré l’image de marque de la Tunisie face aux bailleurs de fonds multilatéraux ».

Une bouffée d’oxygène pour le Trésor public

« Cette ponction financière majeure, note-t-il encore, assainit le profil de la dette extérieure de la République pour le reste de l’exercice économique ». L’expert a souligné qu’en soldant cette obligation historique datant de dix ans, la Tunisie vient d’écarter son principal obstacle budgétaire.

Par conséquent, les finances publiques de la Nation se trouvent désormais purgées de toute contrainte de remboursement d’envergure ou de sortie de capitaux lourde d’ici le 31 décembre de cette année. « Cette accalmie sur le front du service de la dette devrait permettre à la Banque Centrale et au ministère des Finances de reconstituer sereinement les stocks de devises au cours des prochaines semaines, en capitalisant notamment sur les recettes touristiques de la haute saison estivale et sur les transferts financiers des Tunisiens résidents à l’étranger », conclut-il.

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Auteur

Abir Chemli

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