Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime a annoncé une série de démarches pour défendre les intérêts de la Tunisie dans le dossier de l’exportation de la crevette rouge, un produit phare de la pêche tunisienne destiné principalement aux marchés italien et européen.
Dans une réponse écrite à une question de la députée Fatma Mseddi, le ministère a assuré que les mesures appliquées dans ce secteur ne constituent pas des restrictions visant à limiter les exportations ou à pénaliser les professionnels, mais s’inscrivent dans un cadre international de gestion durable des ressources marines.
Des quotas imposés par un dispositif international
Le ministère a expliqué que l’exploitation du stock de crevette rouge en Méditerranée est encadrée par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), à travers des mesures adoptées sur la base d’études scientifiques et de concertations entre les pays membres.
Un plan de gestion du stock de crevette rouge a ainsi été adopté conformément à la recommandation n°45/2022/5, lors de la session annuelle de la CGPM tenue en novembre 2022.
Ce dispositif prévoit l’attribution de quotas de pêche à la Tunisie et à l’Union européenne pour une période transitoire allant de 2023 à 2025, avec une réduction annuelle de 3 % des quantités autorisées pour chaque partie, avant la mise en place d’un régime permanent de gestion du stock.
Selon le ministère, ces dispositions visent avant tout à garantir la préservation de la ressource halieutique et sa durabilité, et non à empêcher l’accès de la crevette rouge tunisienne aux marchés extérieurs.
Une cellule de crise et des contacts avec l’Europe
Face aux difficultés récentes rencontrées par les exportateurs, notamment concernant l’accès au marché italien, le ministère a annoncé la création d’une cellule de crise chargée de coordonner les démarches techniques et diplomatiques.
Plusieurs réunions ont également été organisées avec les professionnels du secteur ainsi qu’avec le ministère des Affaires étrangères, afin de préparer un dossier défendant les intérêts tunisiens dans le respect des engagements internationaux.
La Tunisie a par ailleurs engagé des discussions avec la partie européenne pour trouver des solutions permettant la reprise de l’exportation de la crevette rouge vers le marché italien et examiner une éventuelle révision future des quotas.
Une demande de révision du quota tunisien
Le ministère a indiqué avoir adressé une correspondance officielle à la direction générale de la pêche maritime de la Commission européenne afin d’expliquer la situation et de demander une révision des limites de pêche attribuées à la Tunisie.
Une autre correspondance a été envoyée au ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, afin de présenter la situation et solliciter une augmentation des quantités autorisées à l’exportation vers le marché italien.
La Tunisie a également saisi officiellement la direction exécutive de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée pour demander une révision de son quota, en s’appuyant sur les données officielles de production enregistrées dans les systèmes d’échange statistiques.
La crevette rouge tunisienne, reconnue pour sa qualité et sa valeur commerciale élevée, représente l’un des produits les plus importants de la pêche nationale à l’exportation.
L’Italie constitue son principal débouché, faisant de ce dossier un enjeu économique majeur pour les professionnels du secteur, qui cherchent à préserver leur présence sur les marchés européens tout en respectant les règles internationales de gestion des ressources marines.
R.I



