Editorial

Quand le soleil attend son tour

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  • 18 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Quand le soleil attend son tour

Cet été, la Tunisie vit un épisode inédit, mais pas vraiment surprenant. Sous l’effet d’une canicule intense, la consommation électrique a bondi de 30 %, franchissant les 5.000 mégawatts aux heures de pointe et dépassant les capacités de production de la Steg. Le résultat est là avec des coupures programmées, le fameux délestage, pour éviter le blackout, arguent les responsables de la société.

Derrière ces coupures se cache un mal plus ancien. Notre opérateur public, plombé par les dettes et les factures impayées, accuse un grand retard en termes de modernisation de ses installations depuis des années. Pour redresser la barre, l’Assemblée des représentants du peuple vient de valider les garanties de l’État sur deux prêts de la Banque mondiale, totalisant 468 millions de dollars, destinés à moderniser le réseau national et à le préparer à accueillir 35 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030.

C’est dans ce contexte que le solaire revient, logiquement, sur le devant de la scène. Le potentiel est réel. Selon l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, la Tunisie profite d’un ensoleillement supérieur à celui de nombreux pays européens pourtant bien plus avancés dans la filière. Les objectifs officiels sont ambitieux : un tiers des besoins couverts par le renouvelable en 2030, 80 % en 2050, mais la réalité freine l’élan. En effet, seulement 7 % de la consommation nationale a été couverte par les énergies renouvelables en 2024, un taux toujours bloqué entre 6 et 7 % début 2026. L’État vise désormais 10 % d’ici à la fin 2026, un objectif qui dépendra surtout de la mise en service de nouvelles centrales à Sidi Bouzid, Gafsa et Tozeur.

Nonobstant, le vrai signal encourageant vient d’ailleurs. Plus de 120.000 foyers tunisiens ont pris les devants et installé leurs propres panneaux solaires. À eux seuls, ils produisent aujourd’hui les trois quarts de l’électricité verte du pays, loin devant les grands projets industriels englués dans les lenteurs administratives et les difficultés de financement. Dans les zones touristiques comme Djerba, Hammamet ou Sousse, chaque hôtel qui fait tourner sa climatisation au solaire soulage un peu plus le réseau aux heures critiques.

Il est inutile de se bercer d’illusions car  le solaire ne réglera pas les coupures de cet été. On ne bâtit pas une centrale en quelques jours de canicule. Toutefois, un constat s’impose. Le  soleil est là, la technologie fonctionne, et elle est déjà rentable avec des compétences tunisiennes. Le principal obstacle n’est ni climatique ni technique, mais il est surtout administratif et financier. Simplifier davantage les démarches, débloquer les financements et laisser respirer cette dynamique citoyenne.  C’est là le vrai défi à relever.

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Auteur

Samir DRIDI

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