Economie

Unités de transformation : La récolte des tomates endommagée à cause des coupures d’électricité

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  • 19 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Unités de transformation : La récolte des tomates endommagée à cause des coupures d’électricité

Les producteurs de tomates dans le gouvernorat de Nabeul vivent une situation de grande inquiétude en raison des lourdes pertes enregistrées durant la campagne actuelle, provoquées par les interruptions répétées de l’électricité ces derniers jours. Ces perturbations ont entraîné l’arrêt de plusieurs unités de transformation, tandis que d’autres usines poursuivent leur activité à un rythme très ralenti et avec une capacité de production fortement réduite.

La principale difficulté rencontrée par les agriculteurs réside dans l’impossibilité d’écouler leur production. Des camions chargés de tomates restent immobilisés pendant plusieurs jours devant les usines de transformation, avant que les producteurs ne soient confrontés au refus de réception de leurs récoltes en raison d’une dégradation de la qualité. Avec la hausse des températures, les tomates se détériorent rapidement, ce qui engendre des pertes financières considérables pour les agriculteurs, dont une grande partie compte sur cette campagne pour rembourser leurs dettes et honorer leurs engagements financiers.

Des agriculteurs ont lancé un appel urgent aux autorités concernées, notamment au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, ainsi qu’aux autorités régionales et locales, afin d’intervenir rapidement pour sauver la récolte avant sa détérioration totale. Ils réclament également un approvisionnement régulier et continu en électricité des unités de transformation afin d’assurer la poursuite de l’activité industrielle.

L’agriculteur Khaled Kachou a expliqué que les coupures fréquentes de courant constituent un obstacle majeur au bon déroulement du processus de transformation. Selon lui, les producteurs sont contraints d’attendre leur tour pendant plusieurs jours, ce qui entraîne la détérioration des récoltes. Il a également dénoncé des insuffisances au niveau de la prise en charge du transport de la production ainsi que le ralentissement des opérations de réception par les usines.

Il a estimé que cette crise est le résultat de plusieurs problèmes accumulés au fil des années, appelant les autorités compétentes à adopter des solutions durables pour garantir la continuité de la production et préserver les droits des agriculteurs.

De son côté, l’agriculteur Makrem Khelil a indiqué que la crise se manifeste notamment par le refus de certaines unités de transformation d’accepter les quantités correspondant à leurs capacités de production, alors que la période actuelle représente le pic de la campagne. Il a souligné que le retard dans le démarrage des opérations de transformation, qui auraient dû commencer dès la fin du mois de juin, a aggravé la situation des producteurs incapables de commercialiser leurs récoltes.

Le secrétaire général de la Fédération régionale des producteurs de tomates destinées à la transformation à Nabeul, Mohamed Ben Hassan, a pour sa part affirmé que la filière souffre depuis plusieurs années de nombreuses difficultés liées à la production et à la transformation. Selon lui, les coupures d’électricité enregistrées cette semaine ont considérablement aggravé la crise et causé d’importants préjudices aux agriculteurs.

Il a mis en garde contre les conséquences de cette situation, rappelant que des milliers de familles dépendent de cette activité agricole. La Fédération régionale de la culture de la tomate a exprimé son indignation face aux difficultés rencontrées par les producteurs et appelé à assurer une alimentation électrique continue afin de sauver ce qui reste de la campagne.

Mohamed Ben Hassan a également précisé que la saison actuelle a débuté dans un contexte marqué par les réticences de certaines unités de transformation à accepter certaines quantités de tomates, en raison de l’existence d’un stock de concentré de tomate jugé suffisant pour couvrir les besoins de la consommation nationale pendant au moins deux ans. Les coupures d’électricité ont toutefois amplifié la crise, contraignant plusieurs unités industrielles de la région à suspendre leur activité.

Selon les premières estimations, les superficies consacrées à la culture de la tomate ont légèrement diminué au niveau national pour atteindre environ 15 000 hectares, dont 4 500 hectares dans le gouvernorat de Nabeul. Avec un rendement moyen estimé à 55 tonnes par hectare, la production régionale devrait s’établir à environ 247 000 tonnes, sur une production nationale attendue de près de 800 000 tonnes de tomates saisonnières destinées principalement à la transformation industrielle.

Cette production enregistrerait ainsi une baisse d’environ 200 000 tonnes par rapport à la campagne précédente.

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Auteur

La Presse

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