Economie

Industries mécaniques et électriques : Les enjeux de la diversification géographique

  • 22 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Industries mécaniques et électriques : Les enjeux de la diversification géographique

Les industries mécaniques et électriques connaissent, depuis quelque temps, une évolution encourageante, grâce notamment à une mutation profonde basée sur l’automatisation, l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’intelligence artificielle. Reste que la forte dépendance de ce secteur au marché européen le met, régulièrement, sous pression. Une meilleure diversification géographique serait, sans aucun doute, très utile.

La Presse— Il n’y a pas si longtemps, le textile habillement représentait le principal secteur des industries manufacturières, avec une domination totale au double niveau de l’exportation  et de l’emploi. Aujourd’hui, ce n’est malheureusement plus le cas. Cette activité phare stratégique est quelque peu en déclin. 

L’avenir semble plutôt mécanique et électrique. En effet, les IME, qui pèsent plus de 28 milliards de dinars et assurent environ 51% des exportations des industries manufacturières, se présentent désormais comme le principal levier du développement économique national. On reconnaît, justement, que grâce à des programmes et des stratégies ambitieuses, cette activité gagne, progressivement, en performance. Les analystes estiment, en effet, que le secteur a réussi à se détacher  et se métamorphiser grâce à cette option pour les composants innovants, tels que l’automobile et l’aéronautique.

On parle même d’une proche intégration dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs, le nouveau moteur technologique de l’économie moderne. On estime, en effet, que les IME ont eu le mérite de bien s’engager dans une  mutation profonde reposant, essentiellement, sur la transition énergétique, l’automatisation et la bonne maîtrise de l’intelligence artificielle, IA.

Cette mutation intelligente est en train d’aider cette industrie à se libérer progressivement de la sous-traitance pour se consacrer aux activités à forte valeur ajoutée technologique et à l’innovation. On retient, ainsi, une orientation significative vers la recherche et le développement, l’ingénierie de pointe et les systèmes complexes.

Une offre à enrichir

Grâce à cette évolution qualitative, les IME ont pu répondre aux exigences de la compétitivité, mieux se positionner sur les marchés extérieurs et, surtout, améliorer leur connectivité avec les chaînes de valeur mondiales, notamment dans les créneaux à tendance. Reste que malgré ce  bon comportement, les IME se heurtent encore à plusieurs contraintes qui les empêchent de se positionner à un palier bien supérieur. On leur reproche justement une forte dépendance au marché européen, qui absorbe, à lui seul, plus de 75% des exportations, ce qui pourrait être lourd de conséquences.

En effet, les analystes estiment qu’une telle dépendance  pourrait rendre le secteur plus exposé aux perturbations ou encore aux transformations conjoncturelles du marché européen.

Et toute mutation qu’elle soit économique, réglementaire ou autres, impose à notre secteur une adaptation et une réponse rapide,  ce qui est généralement, très coûteux.

Faute de quoi notre industrie risque de perdre des parts de marché importantes. Ainsi, pour éviter de telles pressions, notre industrie gagnerait beaucoup en misant sur la diversification géographique, surtout qu’on assiste régulièrement, à la montée en puissance de certains marchés fortement prometteurs qui pourraient offrir de belles opportunités à notre industrie.

C’est le cas bien évidemment du marché africain. En plus de cette question de diversification géographique, les experts pensent que l’élargissement de l’offre constitue le principal défi des industries mécaniques et électriques pour les années à venir.

L’offre nationale reste, en effet, trop timide et ne reflète aucunement le potentiel disponible. Une option à repenser rapidement, surtout que, selon certaines études, la Tunisie «dispose des capacités nécessaires pour produire près de 1.000 produits et autres biens encore absents de ses exportations». Des produits qu’on qualifie à forte tendance internationale.

Auteur

Anis SOUADI

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