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6 incendies majeurs en 15 jours : plus de 4 000 hectares de forêts partis en fumée

  • 23 juillet 2026
  • 4 min de lecture
6 incendies majeurs en 15 jours : plus de 4 000 hectares de forêts partis en fumée

La Tunisie a enregistré six grands incendies de forêt en l’espace de quinze jours, depuis le début de la vague de chaleur, ayant détruit, selon les premières estimations, plus de 4 000 hectares de superficies forestières, a annoncé jeudi 23 juillet 2026 le directeur de la conservation des forêts à la Direction générale des forêts relevant du ministère de l’Agriculture, Sahbi Ben Dhiaf.

Intervenant sur les ondes de la radio Express FM, le responsable a indiqué que ces incendies surviennent dans un contexte climatique particulièrement favorable à la propagation des feux, marqué par des températures extrêmes et une sécheresse importante.

Il a précisé que les superficies forestières touchées par les incendies au cours des dix dernières années s’élèvent à environ 70 000 hectares, soit une moyenne annuelle proche de 7 000 hectares détruits.

Zaghouan, Béja, Bizerte, Le Kef et Jendouba touchés

Selon Sahbi Ben Dhiaf, le plus important incendie enregistré récemment a touché le gouvernorat de Zaghouan, tandis que d’autres foyers ont été signalés dans les gouvernorats de Béja, Bizerte, Le Kef et Jendouba.

L’incendie de la région de Takrouna, au Kef, mobilise toujours les équipes d’intervention pour le troisième jour consécutif.

À Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte, les opérations ont permis de maîtriser le feu environ douze heures après son déclenchement.

Concernant l’incendie de Cap Negro, dans le gouvernorat de Béja, les opérations d’extinction se poursuivent depuis trois jours, avec une diminution progressive de l’intensité des flammes.

Les causes des incendies encore à déterminer

Les causes exactes de ces incendies n’ont pas encore été établies, a affirmé le responsable, précisant que les enquêtes se poursuivent.

Des premiers éléments indiquent toutefois que certains départs de feu pourraient être liés à des activités humaines dans les espaces forestiers, combinées à des conditions météorologiques favorisant la propagation rapide des flammes.

Les incendies peuvent être d’origine naturelle, mais ils sont souvent liés à des comportements humains, qu’ils soient volontaires ou accidentels, notamment les activités de camping, la cuisson en forêt, les équipements agricoles ou encore les étincelles provoquées par les lignes électriques.

Les forêts tunisiennes mettent plusieurs décennies à se reconstruire

Le responsable de la conservation des forêts a rappelé que les incendies affectent directement le couvert végétal et la faune sauvage, entraînant une dégradation de la biodiversité et la disparition de certaines espèces animales.

Selon lui, une forêt tunisienne nécessite en moyenne près de 30 ans pour retrouver son équilibre, tandis que certains écosystèmes peuvent demander 70 à 80 ans pour reconstituer leurs composantes naturelles.

Il a insisté sur le fait que le principal danger réside dans la répétition des incendies sur les mêmes zones, ce qui limite considérablement la capacité de régénération des espaces forestiers.

L’usage du feu interdit jusqu’à fin octobre

Revenant sur l’incendie de Ghar El Melh, Sohbi Ben Dhiaf a indiqué que l’enquête est toujours en cours, faisant état d’arrestations et de soupçons visant plusieurs personnes.

Il a expliqué que le feu avait démarré au sommet d’une montagne avant de se propager sous l’effet des vents et des conditions climatiques.

Le responsable a rappelé que toute personne impliquée dans le déclenchement d’un incendie de forêt, volontairement ou involontairement, est passible de poursuites judiciaires. Les peines peuvent atteindre cinq ans d’emprisonnement lorsque l’acte est intentionnel.

Il a également rappelé que l’utilisation du feu dans les zones forestières demeure interdite jusqu’à fin octobre.

Vers un recours accru aux nouvelles technologies

Face à la multiplication des incendies, la Direction générale des forêts mise désormais sur les technologies modernes, notamment l’intelligence artificielle, pour renforcer les dispositifs d’alerte précoce et améliorer la prévention.

Des partenariats avec plusieurs start-up sont en cours afin de développer des solutions innovantes pour la surveillance et la protection des espaces forestiers.

Les forêts tunisiennes, qui couvrent près de un million d’hectares, représentent également un enjeu économique majeur. Selon Sohbi Ben Dhiaf, les services environnementaux qu’elles fournissent génèrent environ 900 millions de dinars par an de revenus directs et indirects.

Au-delà de leur valeur économique, les forêts jouent un rôle essentiel dans la préservation des équilibres naturels, la lutte contre la désertification et la protection de la biodiversité.

R.I

Auteur

R. I

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