Centre de calcul El Khawarizmi : lancement de la phase d’essai du 3ᵉ supercalculateur le plus puissant d’Afrique
Le coup d’envoi de la phase expérimentale du calculateur à haute performance (supercalculateur) a été donné ce jeudi au Centre de calcul El Khawarizmi. Cette étape fait suite à la réception par la direction du centre d’un ordinateur central de haute précision et de très grande vitesse, remis par l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Tunisie, sous la supervision du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, et en présence du gouverneur de la Manouba, du Président de l’Université de Manouba et de la directrice du centre.
Ce supercalculateur s’inscrit dans le cadre d’un don chinois estimé à 10,6 millions de dollars (environ 32 millions de dinars tunsiens). La période d’essai s’étalera sur plus de trois mois et servira de phase pilote et de formation pour les usagers de la communauté universitaire, avant sa mise en service effective. Il s’agit de la troisième expérience à l’échelle africaine en termes de capacités de calcul et de performances, permettant ainsi de doubler les capacités de l’infrastructure de recherche scientifique dans les domaines de l’informatique et du stockage de données.
Le ministre de l’Enseignement Supérieur, Mondher Belaïd, a souligné que ce projet, initié en 2013, constitue un levier pour la recherche scientifique en lien direct avec les priorités nationales telles que l’énergie, l’agriculture et la santé. Il servira de plateforme nationale au service de l’université, tout en étendant ses prestations aux différents bénéficiaires des secteurs public et privé. Cela permettra de renforcer l’échange d’expertises, de créer des réseaux de recherche pluridisciplinaires, de valoriser les résultats de la recherche et de soutenir l’émergence d’applications industrielles avancées.
Sur le plan technologique, cet équipement contribuera à relever des défis scientifiques de plus en plus complexes, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la simulation numérique, de la médecine, des sciences des matériaux, des énergies renouvelables, de l’agriculture intelligente, de la cybersécurité et de l’analyse des données massives (Big Data).
Selon le ministre, cette infrastructure renforcera également la participation des chercheurs tunisiens aux grands projets scientifiques internationaux, facilitera les programmes de recherche conjointe, augmentera l’attractivité de la Tunisie auprès des partenaires académiques du monde entier et soutiendra la compétitivité des institutions universitaires et des centres de recherche tunisiens aux niveaux régional et international.
Il a estimé que la réception de ce supercalculateur est l’aboutissement d’un parcours de coopération fondé sur une vision commune : faire de la science, de la technologie et de l’innovation les moteurs essentiels du développement économique, social et humain. Il a salué à cette occasion les efforts des experts techniques chinois ainsi que des cadres ayant contribué au succès des différentes étapes d’installation de ce système de pointe.
De son côté, l’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a affirmé à la TAP que ce don s’inscrit dans le cadre du renforcement de la science et de la technologie, considérées comme des forces motrices indispensables à la productivité et à l’innovation, jouant un rôle pivot dans le développement socio-économique global. Il a ajouté qu’il s’agit de l’un des fruits du programme de coopération sino-tunisien, lequel a constitué un axe majeur des discussions bilatérales entre les présidents des deux pays pour consolider le partenariat dans tous les domaines, y compris la technologie et l’innovation.
Le ministre, l’ambassadeur et la délégation accompagnatrice ont inspecté les composantes du système de calcul haute performance, allant de l’ordinateur à très haute vitesse et précision aux serveurs, équipements réseau et électriques, jusqu’aux générateurs d’énergie principaux et de secours. Ils ont ainsi pris connaissance du rôle de chaque élément pour assurer un fonctionnement optimal du système et garantir sa capacité à traiter d’immenses volumes de données et à exécuter des opérations mathématiques complexes en un temps record.
Sawsan Krichen, directrice du Centre El Khawarizmi, a précisé que le coût global du projet s’élève à environ 35 millions de dinars. Ce montant comprend la valeur du don chinois ainsi qu’un budget de 3 millions de dinars alloué par le centre pour l’aménagement de l’espace, l’acquisition d’équipements complémentaires et la réalisation des études nécessaires.
Elle a ajouté qu’une équipe chinoise composée de cinq ingénieurs et techniciens a encadré l’équipe du centre pour préparer l’entrée du calculateur dans sa phase expérimentale. Cette étape s’accompagnera de sessions de formation au profit des enseignants, chercheurs et étudiants sur les techniques d’utilisation et d’exploitation de cet outil. L’accès sera gratuit pour l’environnement scientifique et universitaire, tandis qu’un comité spécialisé se réunira prochainement pour fixer les modalités d’accès pour les autres structures (centres de recherche, organismes publics, acteurs économiques, etc.), au niveau national comme international, afin d’assurer une gestion optimale et une rentabilité scientifique maximale de cette plateforme.



