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Sans eau et sans électricité, la colère citoyenne commence à gronder…

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  • 23 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Sans eau et sans électricité, la colère citoyenne commence à gronder…

La patience des Tunisiens a été mise à rude épreuve… Si durant la semaine écoulée, la majorité des citoyens se sont armés de patience suite aux coupures intermittentes d’eau et d’électricité, la situation devient carrément insoutenable. D’abord, en s’installant dans la durée, ces coupures ne semblent plus provisoires mais se transforment en du pain quotidien ! De plus, elles surviennent toujours sans crier gare, à des heures totalement inconnues, ce qui empêche quiconque de planifier quoi que ce soit. Et cela est arrivé en pleine période de canicule et de grande chaleur.

La mise est doublée pour les habitants de certaines régions dont le temps des coupures est bien plus importants. Ayant souffert des travers de ces délestages électriques et du manque d’eau, ces sinistrés ont manifesté leur fed-up à travers des mouvements protestataire…

C’est d’abord la région de Bir M’cherga Gare, au gouvernorat de Zaghouan, qui semble bouillonner ! Elle a été aujourd’hui, jeudi 23 juillet 2026, le théâtre d’un mouvement de protestation auquel a participé nombre de citoyens de différentes tranches d’âge. En guise de protestation contre la poursuite de la coupure de l’eau potable et du courant électrique, les manifestants ont bloqué les accès menant à la zone industrielle. Un acte qui a engendré une paralysie de plusieurs services de base. Interrogé par les correspondants radiophoniques de la place, les manifestants ont affirmé que les coupures répétées d’eau et d’électricité ont rendu la vie quotidienne impossible. Face à ces conditions qu’ils jugent insoutenables, ils dénoncent l’arrêt de moult services, dont l’activité des boulangeries pour se retrouver sans électricité, sans eau et sans pain.

Considérant que la région qui abrite pourtant l’une des zones industrielles les plus importantes du pays, vit déjà, et depuis des années, dans un état de marginalisation. Les dernières coupures d’eau et d’électricité se sont alors prononcées telle la goutte qui a fait déborder le vase ! Les habitants de Bir M’cherga ont profité de l’occasion pour souligner que les enfants de la région souffrent de taux de chômage élevés en contrepartie de l’implantation de dizaines de grandes entreprises industrielles dans la région.

De plus, les participants au sit-in de protestation ont soulevé le dossier de la pollution environnementale résultant de l’activité industrielle de certaines entreprises, affirmant que les émissions et la pollution continue ont causé, selon leurs propos, la propagation de maladies respiratoires et de différents problèmes de santé chez les habitants. Les sitt-ineurs ont, dans ce cadre, appelé les autorités à la prise de mesures urgentes pour remédier aux problèmes posés, affirmant qu’ils comptent poursuivre leurs mouvements protestataires tant jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues.

Zaghouan n’est pas le seul endroit du pays à avoir exprimé sa grogne ! Borj El Kouis et Belli, relevant de la délégation de Bouargoub, ont à leur tour observé un sit-in de protestation ce matin du 23 juillet. Ils ont bloqué la route régionale n°27 reliant Grombalia à Nabeul au niveau de la région de Belli. Et ce, pour protester contre la coupure répétée et continue du courant électrique.

Des agriculteurs, qui se trouvent parmi les protestataires, ont affirmé que les coupures répétées d’électricité ont causé de grands dommages, en particulier avec la hausse des températures. Les habitants ont exigé une intervention urgente de la part des autorités pour remédier à ce problème et de garantir la stabilité de l’approvisionnement en courant électrique. Et ce, tout en avertissant contre l’aggravation des dommages au cas où la situation persisterait.

Oui la colère est hélas en train d’aller crescendo. Et si l’on comprend que ces coupures d’eau et d’électricité sont sûrement un mal nécessaire, les Tunisiens ne semblent plus capables d’en supporter davantage. Car non seulement ces coupures semblent s’éterniser, se multiplier et arriver à l’improviste, mais le timing même rend la vie difficile aux citoyens.

Bien des personnes malades ont vu leur état se compliquer sans électricité. Bien des denrées alimentaires ont été avariées et jetées à la poubelle. Bien des services ont été suspendus. Des usines, des entreprises et des commerces commencent déjà à compter les dommages et les dégâts. Des touristes ont plié bagage et ont interrompu leurs séjours. Des contrats n’ont pas pu être honorés.

Des fêtes de mariage ont viré au cauchemar… Et ce, sans parler des doléances quotidiennes des familles qui se retrouvent sans eau pour étancher sa soif, pour se laver ou pour se rafraichir… Ces mêmes personnes payent pourtant leurs factures et leurs impôts et disent avoir le droit à une vie digne… Et aucune dignité n’est de mise sans eau, lorsqu’on a soif, qu’on a chaud et qu’on sombre dans l’obscurité. Il est crucial de se pencher sérieusement sur la question pour contenir la colère, contrer l’effet de contagion, absorber la grogne au plus vite et réparer les torts autant que faire se peut.

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Auteur

Abir Chemli

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