Droits de douane américains : la Tunisie épargnée par la nouvelle mesure liée au travail forcé
La Tunisie ne figure pas parmi les 60 économies ciblées par la nouvelle mesure commerciale américaine annoncée par le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR), qui prévoit l’application de droits additionnels au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974 pour sanctionner les pays accusés de ne pas avoir mis en place ou appliqué efficacement une interdiction des importations issues du travail forcé.
Cette décision, prise sous l’impulsion du président américain Donald Trump et annoncée par l’ambassadeur Jamieson Greer, responsable de l’USTR, prévoit des droits supplémentaires allant de 10% à 12,5% selon les économies et les catégories de produits concernées.
Pour la Tunisie, cette absence de la liste constitue un élément favorable dans un contexte marqué par un durcissement des politiques commerciales américaines. Elle permet notamment au pays de ne pas subir, dans le cadre précis de cette procédure, une nouvelle charge tarifaire susceptible d’affecter ses exportations vers le marché américain.
Une mesure fondée sur la lutte contre le travail forcé
Selon l’USTR, cette action intervient après plusieurs mois d’enquêtes ouvertes en mars 2026 concernant les pratiques de 60 économies. Ces investigations ont inclus des consultations avec les gouvernements concernés, des auditions publiques ainsi que l’analyse de milliers de contributions écrites.
Washington estime que l’absence d’interdiction efficace des importations issues du travail forcé constitue une pratique commerciale déloyale qui affecte les entreprises américaines et les conditions de concurrence internationales.
Les nouveaux droits de douane s’inscrivent ainsi dans le cadre de la Section 301, un mécanisme permettant aux États-Unis de prendre des mesures commerciales contre des pratiques étrangères jugées “déraisonnables” ou “discriminatoires” et susceptibles de porter atteinte au commerce américain.
Plusieurs économies concernées
Parmi les économies visées figurent notamment le Bangladesh, le Cambodge, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, la Malaisie, le Pakistan ou encore le Sri Lanka, qui se voient appliquer des droits additionnels de 10% ou 12,5% selon les cas.
Certaines économies bénéficient toutefois de régimes spécifiques. L’USTR prévoit notamment un taux de 10% pour les pays ayant déjà adopté une interdiction des importations liées au travail forcé, ou ayant pris des engagements en ce sens dans le cadre d’accords commerciaux.
La Tunisie, pour sa part, n’apparaît pas dans la liste des économies concernées par cette nouvelle mesure.
Si cette décision ne modifie pas automatiquement l’ensemble des conditions tarifaires appliquées aux produits tunisiens exportés vers les États-Unis, elle représente néanmoins un signal favorable pour les opérateurs économiques tunisiens, notamment dans les secteurs tournés vers l’exportation comme le textile-habillement, les composants industriels ou certains produits manufacturés.
Dans un environnement international marqué par la multiplication des barrières commerciales et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement, le fait de ne pas être ciblée par cette nouvelle procédure américaine pourrait constituer un avantage relatif pour la Tunisie face à certains concurrents concernés.
Cette évolution intervient alors que les entreprises tunisiennes cherchent à consolider leur présence sur le marché américain et à renforcer leur attractivité auprès des donneurs d’ordre internationaux, dans un contexte où les critères sociaux et environnementaux occupent une place croissante dans les échanges commerciaux mondiaux.



