Exercice illégal de la médecine : le syndicat tunisien des médecins esthétiques plaide pour une nouvelle loi
Des représentants du Syndicat Tunisien des Médecins Esthétiques (SYTMES) ont appelé, hier jeudi, à élaborer une nouvelle loi visant à mettre fin aux différentes pratiques illégales dans le secteur et à renforcer la confiance dans le système de santé en Tunisie, tout en contribuant au développement du tourisme médical et en faisant de la Tunisie un hub mondial en matière de médecine esthétique.
Ils s’exprimaient lors d’une séance d’audition organisée par la Commission parlementaire de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées, consacrée aux moyens de lutter contre l’exercice illégal de la médecine et les risques qu’il représente pour la santé des patients et la crédibilité du système de santé, en l’absence d’un cadre législatif spécifique régissant la pratique de la médecine esthétique, lit-on dans un communiqué publié ce vendredi sur la page officielle de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).
Les médecins ont également insisté sur l’impératif de mettre en place des structures de contrôle et de suivi, de renforcer le contrôle de l’importation, de la distribution et de la circulation des équipements médicaux utilisés dans ce domaine, de garantir la traçabilité de leur origine et de durcir les sanctions financières à l’encontre des contrevenants.
Ils ont aussi plaidé en faveur de la création d’une « Autorité nationale de veille numérique et de sécurité sanitaire », chargée de surveiller et de documenter la publicité médicale illégale sur les réseaux sociaux et de la mise en place d’un fonds destiné à servir de mécanisme pour imposer des amendes en cas d’infractions publicitaires et de pratiques illégales. Les recettes de ce fonds permettraient de financer les caisses sociales et de soutenir les établissements sanitaires publics.
Ils ont, par ailleurs, souligné la nécessité de réduire la taxe sur la valeur ajoutée appliquée aux services des médecins esthétiques et aux produits médicaux importés, afin de les placer sur un pied d’égalité avec les autres médecins sur le plan fiscal.
Pour leur part, les députés ont appelé à accélérer la mise en place d’un cadre législatif approprié pour la médecine esthétique en impliquant toutes les parties concernées, et à lutter contre l’exercice illégal de la profession, tout en préservant le rôle essentiel du ministère de la Santé dans le contrôle, le constat des infractions et le suivi de leurs auteurs.
Plusieurs intervenants ont également appelé à confier les compétences de contrôle des infractions à l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires.
Dans le même contexte, l’un des intervenants a proposé la publication périodiquement, par le ministère d’une liste des cliniques et des centres de médecine esthétique exerçant légalement, afin de protéger les citoyens contre les escroqueries et les pratiques trompeuses.
Il a également souligné la nécessité d’une coordination entre les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur afin que la médecine esthétique soit reconnue comme une spécialité médicale indépendante.
À l’issue de la séance, la commission s’est engagée à œuvrer à l’élaboration, dans les meilleurs délais, d’un cadre législatif clair régissant la profession de médecin esthétique, en coordination avec les différentes parties prenantes du secteur, estimant que son encadrement est devenu nécessaire pour protéger le droit constitutionnel à la santé et garantir une pratique sûre et de qualité.



