Il y’a des pionniers de la chanson arabe qui provoquent un tollé d’engouement auprès du public quand ils viennent se produire en Tunisie. C’est le cas de Marcel Khalife, dont la soirée est sans doute une des plus attendues de cette édition du Festival International de Hammamet.
Annoncée archi-pleine depuis l’annonce de la programmation 2026, la soirée attire les plus enthousiastes et mélomanes admirateurs du virtuose libanais. Ce dernier voue un amour inconditionnel pour la Tunisie et il s’y produit souvent.
Figure majeure de la musique arabe contemporaine, compositeur, chanteur et maître du oud, Marcel Khalifé a offert au public un voyage musical où se sont entremêlées émotion, poésie et virtuosité. Fidèle à son univers artistique, il a interprété un répertoire inspiré notamment des textes du grand poète Mahmoud Darwich, dans une célébration de la liberté, de la mémoire et de l’humanisme.
Les spectateurs ont répondu présents pourpartager une soirée empreinte de recueillement et d’enthousiasme. Les ovations nourries ont témoigné de la profonde communion entre l’artiste et son public, venu célébrer un répertoire et une œuvre actuellequi traverse les générations et les frontières.
Une fois sur scène, c’est comme si le temps s’était arrêté. Entre engagement, puiser dans un immense patrimoine musical, bienveillance, charisme inégalé, Marcel Khalife est immédiat et s’étale dans le temps, sur plus de 2h.
Au moins 11 morceaux ont retenti durant tout le spectacle : ils font résonner l’attente, la fuite temporel en avant, avec zeste de spiritualité et de référence aux liens familiaux et humains. « Rita », « Intadherha » ou encore « Fel Bal Oghniya » ont séduit le public.
Porté par des musiciens munis de leurs violons, Kanoun, Oud, Darbouka, Flûtes, Kalifé sait s’entourer par des as de la musique, au moins 5 musiciens. La musique parvient au public avec des intermèdes engagés destinés aux réfugiés au Liban, au calvaire des gazaouis, ou au délitement de son propre pays le Liban.
Un Liban a qui il rend hommage à travers sa chanson « Salaat », ainsi qu’aux villages sinistrés de tout le pays. Dans un calme implacable et doté d’une sensibilité aiguisée, Marcel Khalife épate par sa générosité et ses valeurs pronées.
« Ila Ommi » chante la mère et glorifie la maternité. Poignante, la chanson bouleverse par la portée de sa thématique. Marcel Khalife a ému son public et lui a offert une soirée à la hauteur de sa carrière. Encore un moment scénique magistral qui s’ajoute à son parcours exceptionnel.
À l’occasion de la fête de la République, place à Chokri Bouzayene, le 25 juillet 2026 pour une soirée mémorable dédiée au patrimoine nationale et avec un florilège de morceaux propre à lui.



