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Point de vue : Le mondial de Gianni Infantino !

  • 25 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Point de vue : Le mondial de Gianni Infantino !

La Presse — Cette édition atypique au goût corsé américain du mondial 2026 devrait rapporter à la Fifa des revenus avoisinant les 15 milliards de dollars (pratiquement 45 milliards de dinars). Un record vu que la belle édition qatarie de 2022 en a généré 11, soit l’objectif prévu par Infantino pour cette édition.

Selon les sites et les experts en économie du sport, la hausse vertigineuse des recettes s’explique par l’augmentation des revenus liés à la billetterie (le tiers), aux droits TV (le tiers aussi) et aussi aux commissions prélevées sur la revente des billets (15 % prélevés à l’acheteur et au revendeur), ainsi que les différentes recettes liées à la publicité, aux licences octroyées, à l’événementiel et aux droits d’images et produits dérivés liés au mondial.

Bref,  un juteux jackpot, une inouïe manne financière qui confirme bien que le mondial est devenu une industrie rentable et un gros business tout court. A l’image de ce football de plus en plus fou par las recettes qu’il génère et par l’argent qu’il redistribue aux joueurs et aux sélections et clubs, mais aussi à des opérateurs économiques liés de près ou de loin à cette industrie.

La Coupe du monde restera une caravane, tel le cirque, qui campe tous les quatre ans dans un pays ou plusieurs pays pour offrir du spectacle marchand et rentable. Et Infantino peut alors être très content vu que la plus-value dégagée ne sera pas moins de 10 milliards de dollars et que les charges supportées par la Fifa ne dépassent pas les 4 milliards de dollars.

Où ira tout cet argent ? Bien sûr, la Fifa, en tant qu’institution non lucrative, devra reverser cet argent dans le circuit du football via ses projets de développement, ses chantiers, ses stages de recyclage, les quotes-parts réservées aux sélections et aux joueurs qui ont participé au mondial. Trop d’argent, une industrialisation poussée et une commercialisation qui dépasse les limites pour certains.

Mais le fait est là : Infantino n’a pas changé de recette, le football-business qui draine beaucoup d’argent à l’américaine, au détriment de la concurrence, du mérite même. Une coupe du monde à 48 équipes, et le plus étrange à 64 pour le prochain mondial, on est là devant une compétition discréditée qui n’a plus de suspense et de charme tellement il y a trop de participants, trop de matches qui se ressemblent et moins de suspense et d’effet de rareté qui donnait à la Coupe du monde une saveur spéciale.

Maintenant, nous vivons l’époque du football d’intérêts économiques, de l’argent fou à distribuer pour tout le monde et du lobbying politique qui menace l’équité et le fair play. Le mondial 2026 nous a donné un premier goût de l’influence politique et le détournement des résultats pour faire plaisir à un président puissant, ou à un joueur et sa sélection tel le cas de l’Argentine. Infantino, avec son opportunisme sans limites,  a sûrement travesti le football.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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