Samedi soir, 150 violonistes issus de quatre générations différentes et venus des quatre coins de la Tunisie se sont produits sur une même scène au Musée national de Carthage. Sous la direction du compositeur et virtuose tunisien Zied Zouari, ce grand ensemble a présenté le projet « 100 violons » à l’occasion de la Fête de la République, célébrée chaque 25 juillet.
Au cœur du groupe, où le plus jeune instrumentiste n’avait que 7 ans, Zied Zouari a transporté le public dans un voyage musical orchestrale. Le concert s’est déroulé dans un cadre archéologique majestueux, imprégné de l’héritage de la Carthage antique et témoin de l’histoire millénaire de la Tunisie.
Une initiative artistique et académique
Conçu comme un projet à la fois artistique et pédagogique, « 100 violons » ambitionne de former une nouvelle génération de violonistes et d’altistes. L’initiative allie formation spécialisée et création orchestrale pour réinterpréter le patrimoine musical tunisien dans des arrangements contemporains, tout en s’ouvrant sur les musiques du monde.
L’objectif central est de réunir une centaine de musiciens sur une même scène pour une expérience inédite croisant élèves, étudiants des conservatoires et enseignants. Cette démarche conjugue excellence artistique, transmission académique et travail collectif, tout en renforçant la place des instruments à cordes dans le paysage culturel national.
Des ambitions nationales et un répertoire varié
Au cours de la soirée, Zied Zouari a fait part de son ambition de rassembler jusqu’à 1 000 violonistes dans les années à venir. Il considère cette initiative comme une étape majeure de sa carrière, offrant une plateforme unique de rencontre intergénérationnelle pour mettre en valeur la richesse et la diversité de la musique tunisienne.
Accompagné des 150 musiciens, le compositeur a interprété un répertoire mêlant ses propres compositions, des œuvres internationales ainsi que l’opérette « Ana Shabak » (Je suis ton peuple). Créée lors de la précédente Fête de la République, cette pièce a été écrite par le poète Ayoub El Aswad, présent aux côtés des artistes lors du spectacle.
Un engagement familial fort
L’événement a été marqué par une forte présence des familles d’enfants et de jeunes musiciens venus soutenir leurs proches. Cette mobilisation témoigne de l’attachement persistant de nombreuses familles tunisiennes à l’éducation musicale des jeunes générations. La poursuite d’études musicales reste toutefois conditionnée par la situation socio-économique des foyers, l’apprentissage de la musique exigeant des moyens financiers qui ne sont pas à la portée de tous.
Avant ce rendez-vous à Carthage, le projet « 100 violons » avait fait une ouverture remarquée lors de la 53ᵉ édition du Festival international de Monastir, en collaboration avec la troupe populaire des « Aouamria de Sidi Ameur », déclenchant un vif enthousiasme auprès du public.



