Editorial

Sidi Bou-Saïd : consécration et nouvelles responsabilités

  • 26 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Sidi Bou-Saïd : consécration et nouvelles responsabilités

C’est officiel. Coïncidant avec la date de la célébration de la fête de la République, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, réuni en ce 25 juillet 2026 lors de sa 48e session à Busan en République de Corée du Sud, a fini par inscrire le Village de Sidi Bou-Saïd sur la liste du Patrimoine mondial à la suite d’un vote à l’unanimité sans amendement ni objection sur le projet de décision.

Il s’agit d’une distinction tant attendue consacrant le cachet typique et l’harmonie architecturale unique sans oublier que le site de Sidi Bou-Saïd est considéré comme un haut lieu d’inspiration spirituelle et artistique dans la région du Bassin méditerranéen avec ses ruelles pavées, ses maisons blanchies à la chaux et autres portes et fenêtres aux volets d’un bleu saillant.

En effet, perché sur une colline, le célèbre village a la réputation d’être un sanctuaire autour du mausolée du saint soufi Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya Al Tamimi El Béji, outre la promotion de ce lieu par les diverses dynasties des Beys husseinites qui y construisirent des résidences distinguées, transformant le village en lieu de villégiature pour les élites, ce qui a permis d’associer le pouvoir temporel au pouvoir spirituel.

Toutefois, si on est conscient de la haute importance de cette inscription, dont le Président de la République a autorisé le lancement des démarches depuis février 2024, et si on se félicite de cette consécration culturelle et patrimoniale internationale, il est utile de lancer un appel à la vigilance afin de ne pas s’endormir sur ses lauriers dans le sens où la nouvelle distinction fait incomber à l’Etat et aux populations de sérieuses responsabilités qu’il faudra assumer avec minutie et rigueur dans le but de protéger le village contre l’instabilité de ses falaises, les constructions incompatibles, la transformation des demeures et les effets d’un tourisme devenu parfois excessif.

En réalité, ladite inscription dépasse l’aspect unique du décor, mais reconnaît également et surtout l’histoire accumulée derrière ces façades et qui contribue à l’authenticité du village avec sa zaouia, les cérémonies, les pratiques de dévotion dont la “kharja” et la mémoire du saint qui donnent encore un sens au tissu urbain. 

Par conséquent, les spécialistes sont conscients que cette distinction constitue, plutôt, un point de départ pour subir un vrai test dans la mesure où le village doit conserver, voire renforcer, son âme et sa valeur de mémoire de toute une histoire et d’une identité sociale, religieuse, culturelle et civilisationnelle, loin de la mentalité de “carte postale”.

Auteur

Noureddine HLAOUI

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