Chokri Bouzayane au Festival international de Hammamet : La chanson tunisienne à l’honneur
Le concert a réuni des chansons largement connues du public et d’autres plus rares, offrant un panorama d’un parcours artistique qui s’étend sur plus de cinq décennies.
La Presse — Le chanteur et compositeur Chokri Bouzayane a consacré son spectacle à la chanson tunisienne, vendredi soir, dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Hammamet. Il a ouvert la soirée avec Tounsi W Rafeâ Rassi (« Je suis Tunisien et j’en suis fier »), un choix symbolique qui traduisait son attachement à l’identité nationale pour une soirée qui célèbre la fête de la République.
Le concert a réuni des chansons largement connues du public et d’autres plus rares, offrant un panorama d’un parcours artistique qui s’étend sur plus de cinq décennies. Figure majeure de la chanson tunisienne depuis les années 1970, Chokri Bouzayane s’est imposé aussi bien comme interprète que comme compositeur.
Parmi les œuvres inscrites au programme figuraient Salli Ala Sidi En Nabi, l’un de ses plus grands succès, ainsi que Thamma Beit, Taj Rassi Baba et Massabni Asfour.
L’artiste a également choisi de remettre en lumière plusieurs titres moins souvent interprétés ces dernières années, affirmant ainsi sa volonté de valoriser l’ensemble de son répertoire.
Le spectacle s’est enrichi de la participation de Firas Kolsi, invité à interpréter « Fi Khatri » et « Ya Wilek Menni », puis d’Emna Dammak, qui a repris « La Tahayyarni » et « Lemta Nosbor ». À travers ces collaborations, Bouzayane a réaffirmé son souhait de transmettre ce patrimoine musical à une nouvelle génération d’interprètes.
La seconde partie du concert comprenait notamment « Yiji Ballek », « Aïni Aal Lila », « Ach Koun Kifek », « Mahlek Ya Oummi », « Malla Leila Malla » et « Galou Klem », illustrant la richesse des registres de la chanson tunisienne, entre œuvres sentimentales, sociales et patrimoniales, sur des textes écrits par Bouzayane lui-même ou par d’autres auteurs.
En clôture de la soirée, Maher Hammami, président du Syndicat des métiers de la musique, est monté sur scène pour rendre hommage à Chokri Bouzayane. Il a indiqué que cette distinction était décernée au nom des musiciens et artistes tunisiens en reconnaissance de sa contribution à la chanson tunisienne.
Lors de la conférence de presse organisée après le spectacle, Chokri Bouzayane s’est félicité de l’affluence enregistrée, estimant que la présence du public demeure le principal soutien pour un artiste.
Selon lui, l’accueil réservé au concert confirme que la chanson tunisienne continue de susciter l’intérêt des spectateurs, y compris lorsqu’elle fait redécouvrir des œuvres moins connues.
L’artiste est également revenu sur ses débuts au Festival international de Hammamet, rappelant y avoir chanté pour la première fois en 1978, à l’âge de 16 ans, parallèlement au Festival international de Carthage. Il a souligné avoir fait très tôt le choix de défendre un répertoire profondément ancré dans l’identité tunisienne, dans le sillage de figures fondatrices telles qu’Ahmed El Wafi, Khemaies Tarnene, Hédi Jouini et Mohamed Triki.
À propos de la présence de Firas Kolsi et d’Emna Dammak, Bouzayane a expliqué leur avoir transmis les chansons en amont afin qu’ils puissent les préparer avec le soin nécessaire.
Une démarche qui s’inscrit, selon lui, dans une volonté de favoriser la transmission de ce patrimoine musical.
Interrogé sur une éventuelle réorchestration de ses œuvres, il a indiqué privilégier aujourd’hui l’enregistrement de nombreuses chansons inédites conservées dans ses archives. Il a également souligné que les coûts de production sont devenus particulièrement élevés, estimant que ses titres les plus connus continuent de trouver leur public dans leurs versions originales.



