Algérie, Tunisie, Maroc : des incendies de plus en plus destructeurs, Greenpeace sonne l’alerte
Les incendies qui ont frappé ces dernières semaines la Tunisie, l’Algérie et le Maroc illustrent l’aggravation des effets de la crise climatique en Afrique du Nord, où les pertes ne se limitent plus aux dégâts matériels mais touchent désormais directement les populations. C’est le constat dressé par Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui appelle les gouvernements à renforcer les politiques de prévention, d’adaptation et de résilience face à des phénomènes appelés à devenir plus fréquents et plus destructeurs.
Un lourd bilan en Algérie, en Tunisie et au Maroc
Dans un communiqué publié lundi, l’organisation estime que « les pertes dépassent les dommages matériels directs pour toucher le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain ».
La responsable des campagnes régionales de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, Kenzi Azmi, souligne que derrière les hectares de forêts ravagés et les habitations détruites se trouvent des communautés fragilisées, des familles déplacées et une capacité de résilience qui s’érode à chaque nouvelle catastrophe.
“La crise climatique ne se mesure pas uniquement à l’augmentation des températures ou au nombre de catastrophes enregistrées, mais à l’ampleur des souffrances humaines qu’elle engendre”, affirme-t-elle, estimant que les incendies survenus en Tunisie, en Algérie et au Maroc illustrent l’aggravation des conséquences du dérèglement climatique dans la région.
Greenpeace rappelle qu’en Algérie, les incendies ont fait six morts, endommagé près de 150 habitations et donné lieu à près de 1 550 départs de feu en seulement douze jours.
En Tunisie, plus de 240 hectares sont partis en fumée durant le seul mois de juillet 2026. Selon les chiffres de la Protection civile, plus de 35 incendies de forêt ont été recensés entre le 1er juin et le 25 juillet 2026.
L’organisation souligne également que le Maroc connaît lui aussi une aggravation de la situation, le bilan des incendies continuant de s’alourdir.
“Les incendies ne sont pas des accidents”
Pour Greenpeace, ces catastrophes ne doivent pas être considérées comme des événements isolés.
L’organisation estime qu’elles s’inscrivent dans un schéma de plus en plus fréquent et intense, alimenté par les records de chaleur, les sécheresses prolongées et la dégradation progressive des écosystèmes.
Elle rappelle que si le changement climatique n’est pas à l’origine des départs de feu, il crée des conditions qui rendent les incendies plus probables, favorisent leur propagation rapide et amplifient leur pouvoir destructeur.
Selon Greenpeace, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord figure parmi les plus exposées aux effets du changement climatique, avec une hausse des températures près de deux fois supérieure à la moyenne mondiale.
Face à cette situation, Greenpeace estime que les réponses apportées après les catastrophes ne suffisent plus.
L’organisation plaide pour des investissements massifs dans la prévention, l’adaptation et le renforcement de la résilience des communautés, tout en appelant à une mobilisation accrue des financements climatiques en faveur des pays les plus vulnérables.
Elle demande également que les États et les acteurs les plus responsables des émissions historiques de gaz à effet de serre assument leurs responsabilités afin de soutenir les populations qui subissent les conséquences d’une crise climatique qu’elles n’ont pas provoquée.
Greenpeace conclut qu’en l’absence d’une réduction rapide et significative des émissions mondiales et d’un renforcement des politiques d’adaptation, les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord seront confrontés à des vagues de chaleur plus intenses, des incendies plus étendus, un stress hydrique croissant et des crises climatiques de plus en plus récurrentes.
R.I



