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Développement national : L’enjeu d’un bon rééquilibrage économique

  • 1 août 2026
  • 5 min de lecture
Développement national : L’enjeu d’un bon rééquilibrage économique

Le décalage entre les différentes activités économiques perturbe, quelque peu, l’avancement de nos programmes de développement national et empêche nos secteurs productifs, notamment stratégiques, de mieux s’exprimer à l’international au double niveau quantitatif et qualitatif.

D’ailleurs, le Chef de l’Etat rappelle, à chaque fois, la nécessité de garantir un bon encadrement de nos secteurs productifs pour qu’ils puissent maintenir un comportement responsable et équitable à l’international et relever, ainsi, l’enjeu de la souveraineté économique.

La Presse — Le déficit commercial de la Tunisie s’est creusé de 27% au terme du  1er  semestre 2026 pour se situer aux alentours de 12, 564 milliards de dinars. Le plus important depuis quelques années.

Un déficit qui se justifie, comme toujours, par une forte dépendance énergétique, une production nationale à la baisse et une transition énergétique qui tarde à se dessiner malgré toutes les dispositions entreprises et les programmes engagés pour relever un tel enjeu.

D’ailleurs, selon les mêmes statistiques de l’Institut national de la statistique, INS, le déficit énergétique continue de s’aggraver pour représenter presque la moitié du déficit global, avec 5, 83 milliards de dinars durant les cinq premiers mois de l’année en cours, contre 4, 33 milliards une année auparavant.              

Certes, ce déficit est plutôt inquiétant, mais il n’est aucunement alarmant, surtout qu’on parle d’une conjoncture internationale complexe, marquée essentiellement par des turbulences géopolitiques trop importantes,  et des déséquilibres commerciaux assez soutenus sur le marché international.

D’ailleurs, notre économie a réussi à amortir le choc grâce, notamment, au bon comportement de nos exportations au niveau de nos secteurs productifs qui continuent à générer de la valeur et des devises d’une manière stable, tels que les industries mécaniques et électriques, l’agriculture et, notamment,  l’huile d’olive qui est en train d’enchaîner les records internationaux, et grâce aussi à la performance d’autres activités, le tourisme en premier lieu.

Productivité et maîtrise sectorielle

Ce qui rassure réellement, c’est que la Tunisie dispose d’une marge assez large pour corriger ce déficit, surtout si l’on tient compte de l’importance du décalage entre les secteurs économiques. 

A ce stade, l’accélération de la transition énergétique et l’amélioration du niveau de maîtrise des énergies renouvelables apporteraient, à elles seules, une bonne bouffée d’oxygène au budget de l’Etat, puisque cela signifierait, automatiquement, moins d’importations énergétiques, et un allègement de la facture.

La maîtrise de la facture alimentaire constituerait, de son côté, un facteur capital pour alléger la pression sur notre budget et surtout pour la création de nouvelles marges pour le financement de nos programmes de développement.

Les différents projets retenus par le Plan de développement 2026-2030 pour la réinvention de notre agriculture et l’instauration d’une réelle dynamique agroalimentaire seront, à cet effet, d’un apport stratégique pour relever le défi de l’alimentation et élargir, par  conséquent, le niveau de sécurité alimentaire. L’une des bases des différentes stratégies de développement national.

N’oublions pas et comme on l’a déjà soulevé, le plan quinquennal a prévu 11,584 milliards de dinars pour le financement de 1 566 projets, faisant, ainsi, de la souveraineté alimentaire une priorité absolue.

Ce souci de rééquilibrage économique toucherait également d’autres secteurs autrefois performants, mais en déclin depuis quelque temps. Il s’agit, particulièrement, du textile-habillement qui, malgré sa résilience, est encore loin de ses performances habituelles. Le Plan de développement 2026-2030 (voir La Presse du 25 juillet) entend, justement, relancer cette activité stratégique et élargir de 50% ses exportations de 25% sa valeur ajoutée.

L’apport du secteur touristique à l’économie nationale devrait, lui aussi, connaître un bond significatif, puisqu’on parle désormais d’une offre authentique, diversifiée et hautement attractive, et donc à forte valeur ajoutée.

Cette ambition devrait reposer, essentiellement, sur la garantie d’une meilleure exploitation du potentiel culturel, patrimonial  et naturel national, la consolidation de l’approche territoriale, l’amélioration de la qualité du transport, notamment aérien et l’instauration d’une meilleure expérience client.

A ce stade, l’on peut affirmer que les multiples et importantes dispositions entreprises pour s’assurer une valorisation assez conséquente du potentiel régional, devrait aider à réussir cet enjeu stratégique.

Mais le plus important pour réussir le rééquilibrage économique, c’est de pouvoir assurer, durablement, un niveau de productivité hautement élevé. Un défit très sensible qui suppose, de toute évidence, la modernisation industrielle, la maîtrise technologique, l’approfondissement des réformes structurelles, et la valorisation du capital humain.

Cette dernière question est d’autant plus importante que notre pays  dispose de tout un vivier de compétences, impatientes de servir et défendre les intérêts nationaux. Des compétences prêtes, comme le rappelle, à chaque fois, le Président de la République, de prendre la relève.

Auteur

Anis SOUADI

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