Un groupe de députés expriment leur préoccupation face à la hausse des prix de certains médicaments
Un groupe de dix-sept députés a publié, mardi, un communiqué exprimant sa préoccupation face à la récente révision à la hausse des prix de certains médicaments, soulignant que cette décision affecte directement les citoyens, en particulier les patients dépendant de traitements réguliers qui ne peuvent être ni interrompus ni reportés.
Dans ce communiqué publié par le député Thabet El Abed, les parlementaires ont estimé que la résolution de la crise du médicament ne peut se limiter à la révision des prix, plaidant en faveur d’une réforme structurelle de l’ensemble du système, portant notamment sur la gouvernance, le financement, la situation des établissements publics, le rôle des caisses sociales ainsi que la mise en place d’une politique médicamenteuse nationale garantissant la sécurité sanitaire et l’autonomie.
« En Tunisie, le système pharmaceutique connaît de profondes difficultés liées à des dysfonctionnements qui se sont accumulés au fil des années. La Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) ainsi que les différents établissements intervenant dans le secteur font face à des pressions financières et organisationnelles qui nécessitent une réforme », ont-ils insisté.
Ils ont, dans ce contexte, mis l’accent sur l’importance de garantir la disponibilité continue des médicaments et de consacrer la sécurité médicamenteuse, qui demeurent une priorité nationale.
Les députés ont, en outre, appelé à mettre en place une vision nationale clairvoyante du système pharmaceutique reposant sur la planification, l’anticipation, la résolution des causes de cette crise et la transparence en matière de tarification des médicaments.
Cette vision, ont-il souligné, doit également prévoir des mécanismes de protection des malades, notamment, ceux souffrant de maladies chroniques, sans oublier les catagories à revenu limité. L’objectif étant d’éviter que la hausse des coûts n’entraîne une interruption des traitements.
Les parlementaires ont, par ailleurs, appelé à développer l’industrie pharmaceutique, à encourager la production locale afin de consacrer la sécurité sanitaire et à adopter une approche participative avant la prise de décisions majeures.
La Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) avait publié, le 24 juillet dernier, la circulaire n°30 de la même année portant mise à jour des codes de certains médicaments et, par conséquent, la révision de leurs prix. Cette mise à jour a concerné 12 médicaments avec de faibles hausses.
Réagissant à cette circulaire, le Syndicat tunisien des pharmaciens d’officine de Tunisie avait appelé, dans un communiqué, à ce que toute révision des prix des médicaments repose sur des critères clairs prenant en considération le pouvoir d’achat du citoyen, la continuité de l’approvisionnement en médicaments et la pérennité des pharmacies.
Il avait exprimé son rejet de toute hausse prévue des prix des médicaments, à moins qu’elle ne soit fondée sur un mécanisme objectif et transparent de révision des prix, prenant en compte l’évolution des prix des matières premières, des taux de change des devises étrangères, ainsi que l’adaptation des prix à la rémunération des pharmaciens, afin de garantir un équilibre entre la disponibilité des médicaments, la préservation du pouvoir d’achat et la viabilité des pharmacies.



