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Maladresses et erreurs répétées de la FTF et de la LNFP : Quand le football tunisien perd le nord !

  • 5 août 2026
  • 5 min de lecture
Maladresses et erreurs répétées de la FTF et de la LNFP : Quand le football tunisien perd le nord !

Deux institutions clefs qui récidivent les bourdes et ne savent plus gérer les affaires du football tunisien sous le regard « malicieux » de la tutelle. Où va-t-on ?

La Presse — Le tirage au sort du dernier calendrier du championnat a connu un vice de forme que tout le monde a vu en « live ». Un détail insignifiant pour la fameuse Ligue du football, mais très capital pour les juristes et pour ceux qui croient encore à la crédibilité de la compétition. Une erreur pareille de profanes aurait dû être corrigée sur place en prenant un quart d’heure pour vérifier que les boules des équipes et des numéros sont mises correctement dans les deux urnes. D’autant que l’un des représentants de la Ligue s’en est aperçu, mais quand, par pur accident, le club qui a été mis dans l’urne des numéros a été tiré puis tout de suite affecté à un numéro, on a cru que l’affaire était close. Une erreur qui dit tout sur le profil des fonctionnaires de la Lnfp, une institution folklorique qui n’a aucun poids par rapport à la FTF. Ce sont des gens amateurs au sens péjoratif du terme qui manquent terriblement de l’expérience et des connaissances juridiques et sportives pour gérer un championnat. Et de plus, ils choisissent de hausser le ton et de faire la guerre à un bureau fédéral, lui aussi faillible et qui veut faire le héros sur cette affaire. Quand on ne sait pas organiser un tirage au sort d’un calendrier de championnat, c’est que l’on est incompétent et irresponsable. C’est le genre d’erreurs impardonnables et injustifiables, parce que l’on devait s’y prendre depuis un bon moment (au fait, pourquoi attendre fin juillet pour connaître le tirage au sort alors que la compétition commence dans quelques semaines ?). Rien ne peut justifier ce qui s’est passé. Et la suite prouve encore que la FTF et la Lnfp sont loin de rassurer et loin de convaincre quiconque. Championnat, équipe nationale, gouvernance, finances des clubs avec des dettes à flot et une disqualification qui menace plus d’un club, arbitrage à l’agonie, infrastructure délabrée et insuffisante, cadre technique de moins en moins compétent, dirigeants de plus en plus irresponsables, agents de joueurs qui manipulent tout le monde, voilà des chantiers et des faits sur lesquels la FTF et la Ligue demeurent impuissantes. Une impuissance qui frôle la connivence et la mauvaise foi.

Les clubs assument

Ligue ou bureau fédéral, les deux organes qui gèrent le football tunisien sont élus par nos clubs au bout d’une course électorale où les intérêts croisés et le personnel l’emportent sur des programmes vagues et redondants qui restent dans les bureaux. Ce sont les clubs qui ont amené les dirigeants  actuels à la fédération et à la Ligue, et donc toute insuffisance ou incompétence relevées sont imputées en bonne partie aux électeurs. Les clubs doivent assumer et ne pas gémir à chaque fois qu’il y a des bourdes ou des contreperformances. Les dirigeants qui gèrent sont mandatés par les clubs selon la fameuse arrogante représentativité qui tient compte des clubs influents. On est resté cloué à ce modèle archaïque de gouvernance où un bureau fédéral ou de la Ligue doit émaner de l’entente des clubs dits grands et qui respecte un ordre régional donné. Et voilà les conséquences qui se répètent depuis des années sans que l’on bronche. Réellement, on va de mal en pis. On touche le fond avec cette qualité dégradée des employés qui se trouvent à la Ligue et à la fédération. C’est que des dizaines de personnes ont rejoint la fédération et aussi la Ligue, elles sont très bien payées, elles n’ont pas toutes un niveau académique respectable, mais les ex-présidents de la FTF et de la Lnfp les ont intégrées suivant des critères régionalistes et corporatistes. Discrets, inconnus pour l’opinion sportive, ces fonctionnaires jouent-ils le rôle qu’il faut? Y a-t-il quelqu’un pour les évaluer ? Et ces départements chargés de finance, de marketing (vraiment ?), de qualification des joueurs, de suivi avec la DTN et les ligues régionales, qui coûtent cher à la fédération et à la Ligue, pourquoi ne sont-ils pas responsabilisés ? Les clubs ferment les yeux sur tout cela, car il y des intérêts financiers, de l’argent à toucher, des facilités à obtenir. Quand deux institutions comme la FTF et la Lnfp, pleines de fonctionnaires bien rémunérés, commettent toujours des erreurs et n’arrivent même pas à gérer un calendrier et sa logistique nécessaire, on a le droit de crier au scandale. Le fiasco du Mondial, c’est en partie ce qu’on vient de raconter. Et franchement, le ministère des Sports ne bronche pas pour recadrer les deux organismes (il n’ y a aucun risque d’interférence et d’ingérence à le faire). Mieux, cela fait ses affaires puisque le ministre des Sports y trouve son compte et peut exercer une forte influence sur les décisions majeures, comme c’est le cas de la désignation de Mouine Chaâbani. L’incompétence généralisée de la FTF et de la Lnfp atteint des niveaux inquiétants. Et le football tunisien ne peut pas se relancer avec un profil pareil de dirigeants qui ne font que cumuler les débandades et les crises.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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