Culture

Festival international de Carthage – Rondo Veneziano : Bellissimo !

  • 6 août 2026
  • 4 min de lecture
Festival international de Carthage – Rondo Veneziano : Bellissimo !

La foule n’était pas dense, qu’importe ! Les spectateurs venus assister au concert de musique instrumentale étaient attentifs et à l’écoute de toutes les propositions que lui offrait l’orchestre dirigé de main de maître par le maestro Gian Piero Reverberi.

La Presse — Epaisses perruques blanches et habits de cour, le décor est planté. Nous voici dans la cour du compositeur italien Gian Piero Reverberi et son groupe Rondo Veneziano, mardi dernier, sur la scène du Théâtre romain de Carthage. La foule n’était pas dense, qu’importe ! Les spectateurs venus assister au concert de musique instrumentale étaient attentifs et à l’écoute de toutes les propositions que lui offrait l’orchestre dirigé de main de maître par le maestro Gian Piero Reverberi.

Du haut de ses 87 ans, le compositeur a fait montre d’une perspicacité et d’un dynamisme stupéfiants dans la direction de l’orchestre composé d’une première rangée de violonistes femmes déguisées en princesses d’une autre époque et de musiciens vêtus de costumes noirs (chemise et pantalon). La formation fondée en 1979 a marqué l’histoire de la musique par son mélange audacieux de baroque et de modernité. Elle se distingue par l’utilisation de compositions originales signées par Reverberi intégrant des synthétiseurs et des rythmes contemporains, tout en conservant une esthétique visuelle inspirée du carnaval de Venise.

L’objectif premier de ce projet était de démocratiser la musique classique auprès d’un public plus large. Une stratégie qui s’est avérée payante avec plus de 25 millions d’albums vendus. Malgré les décennies, le groupe continue d’influencer la scène artistique grâce à son style néobaroque unique et ses performances costumées emblématiques. Ce succès international, porté par des titres comme «La Serenissima », témoigne de la longévité d’une saga musicale qui a su évoluer tout en préservant son essence théâtrale qui fait son originalité.

Durant près de deux heures, Rondo Veneziano a joué plusieurs de ses titres les plus iconiques : «Stagioni di Venezia», «Attimi Di Magia» (piano solo joué par Stefano), «Perle d’Oriente», « Colombina» (piano solo par Reverberi), «Marco polo», «La Serenissima», «Odissea Veneziana», «Isole» (piano solo par Stefano) «Barocco» ainsi que d’autres titres plus importants les uns que les autres qui se caractérisent par des rondo et adagio issus des thèmes de la musique classique. Le tempo est tout d’abord lent au début de chaque morceau, puis il augmente crescendo pour devenir plus énergique, voire joyeux.

Un univers romantique proche de celui de Schumann. Il ne s’agit pas là de reprendre des succès connus de la musique symphonique, mais des pièces créées par le compositeur et chef d’orchestre lui-même. Le public d’habitude réfractaire à ce genre de musique a été séduit par la performance et la maîtrise de jeu de l’orchestre. Retenir l’attention des spectateurs n’est pas à la portée de tout artiste. Il faut avoir le talent et le charisme pour conquérir un public large. Grâce donc à la fusion d’éléments traditionnels et futuristes, Rondo Veneziano a réussi à créer une ambiance musicale célébrant les sonorités à la fois romantiques et jubilatoires.

A l’issue du concert fortement ovationné, Gian Piero Reverberi a indiqué au cours d’un point de presse que sa musique, contrairement à la musique classique d’autrefois marquée par des thèmes mélancoliques voire tristes, est, plutôt, festive et joyeuse. Il a, en outre, annoncé qu’il prendrait bientôt sa retraite, laissant sa place aux jeunes pour poursuivre l’aventure.

Auteur

Neila GHARBI

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