Insalubrité sur la ligne du TGM : La Transtu tape sur le clou, mais le mal est bien plus profond
La station de train «Le Kram», située sur la ligne de la banlieue nord Tunis-Goulette-Marsa (TGM), est le théâtre d’actes d’incivilité répétés. Des riverains et des commerçants avoisinants jettent délibérément leurs ordures ménagères et divers déchets sur l’emprise des voies ferrées. Au-delà du préjudice environnemental et esthétique, ces agissements font peser une menace directe sur la sécurité de la circulation des rames. Mais le problème est encore plus profond et ne concerne pas seulement que la station du Kram.
La Presse — Dans un communiqué officiel, la Société des transports de Tunis (Transtu) a vivement condamné la récurrence de ces comportements irresponsables et ces atteintes répétées au domaine public ferroviaire. Le transporteur public rappelle que ces actes dépassent la simple perturbation du service public et constituent des infractions pénales passibles de poursuites judiciaires.
Face à cette situation, la Transtu réitère son appel au civisme à l’intention des habitants et des commerçants riverains, les invitant au respect strict des règles d’hygiène. L’entreprise prévient qu’elle engagera, en coordination avec les autorités locales et sécuritaires, toutes les démarches judiciaires nécessaires à l’encontre de quiconque serait impliqué dans la détérioration du service public ou la mise en péril de la sécurité ferroviaire.
Quelques heures seulement après la publication de ce communiqué, les équipes de nettoyage du soir et de la nuit sont intervenues pour assainir l’espace de la station Le Kram et déblayer les déchets accumulés sur les rails, afin de garantir la sécurité d’exploitation de la ligne et de limiter l’impact écologique de ces pratiques repréhensibles parce que inciviles.
Que peut-on ajouter à ce constat ? Beaucoup de choses. Il convient, d’abord, de préciser que les incivilités dénoncées par la Transtu ne se limitent pas à la seule station du Kram. Comme nous l’avons constaté sur le terrain, d’autres arrêts souffrent du même mal, à l’instar des stations «Aéroport» et «La Goulette Casino», deux autres points noirs qui soulèvent de nombreuses interrogations.
Autre point capital: les riverains et commerçants établis ne sont pas les seuls mis en cause. La pollution des voies est en grande partie le fait des chiffonniers ainsi que des vendeurs à la sauvette et des étalages anarchiques (friperie et articles divers). Ces derniers se sont approprié trottoirs et chaussées, profitant de l’absence quasi totale des autorités municipales.
Anecdote révélatrice de ce laisser-aller, ces vendeurs à la sauvette n’hésitent pas à suspendre leurs marchandises dont des vêtements et des articles divers, directement aux grilles de protection de la Transtu. C’est bien là que réside le cœur du problème. S’ils sont toujours là, le problème ne sera jamais résolu.
La Transtu promet la fermeté et annonce des poursuites en coordination avec les forces de l’ordre. Nous saluons cette initiative nécessaire, mais nous resterons vigilants. Rendez-vous est pris dans un mois, photos à l’appui, au même lieu. Car les avertissements ne suffisent plus.
Il faut des actes pérennes. D’autant que ce laisser-aller dépasse le cadre ferroviaire. Nous évoquions déjà dans nos colonnes, il y a quelques mois, la situation catastrophique du cimetière Sidi Amor au Kram. Le problème persiste, laissant perplexe quant au rôle des décideurs locaux. Sans parler de l’occupation abusive des trottoirs par les terrasses de cafés ou de l’obstruction des égouts par divers débris, alors même que la saison des pluies approche à grands pas.



