Le tourisme tunisien poursuit sa progression en 2026. Près de 5,83 millions de visiteurs ont été enregistrés en Tunisie au cours des sept premiers mois de l’année, soit une hausse de 2,6 % par rapport à la même période de 2025, selon les données communiquées par le ministère du Tourisme.
Cette évolution s’accompagne d’une progression plus soutenue des recettes touristiques. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT), les recettes cumulées ont atteint 4.358,1 millions de dinars au 31 juillet 2026, contre 4.161,3 millions de dinars un an auparavant, enregistrant ainsi une hausse de 4,5 %.
En d’autres termes, la croissance des recettes touristiques est supérieure à celle du nombre de visiteurs sur les sept premiers mois de l’année. Cette évolution constitue un indicateur favorable pour le secteur, même si elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer précisément la dépense individuelle de chaque touriste.
Une moyenne de 224 euros ?
Ces chiffres ont récemment fait l’objet d’une analyse publiée par le site Visa Algérie, qui estime à environ 224 euros la recette moyenne par visiteur en divisant le montant total des recettes touristiques par le nombre de visiteurs enregistrés sur la période.
Ce chiffre doit toutefois être interprété avec prudence. Il s’agit d’un ratio calculé à partir de deux agrégats distincts et non d’une statistique officielle de la BCT indiquant que chaque touriste aurait dépensé une moyenne de 224 euros en Tunisie.
La différence est importante, notamment parce que le nombre d’entrées ou de visiteurs enregistrés sur une période donnée ne correspond pas nécessairement au nombre de séjours touristiques complets. La durée du séjour, le profil des visiteurs et la structure de leurs dépenses peuvent également varier considérablement.
Il serait donc excessif d’affirmer que “chaque touriste dépense seulement 224 euros” en Tunisie sur la base de ces seules données.
Les recettes progressent plus rapidement que les arrivées
L’évolution enregistrée depuis le début de l’année mérite au contraire d’être regardée dans son ensemble. Avec une progression de 2,6 % des visiteurs et de 4,5 % des recettes, les revenus générés par l’activité touristique augmentent plus rapidement que les arrivées.
Cela traduit une amélioration du ratio entre les recettes et le nombre de visiteurs par rapport à la même période de l’année précédente, même si ce ratio ne constitue pas à lui seul un indicateur complet de la dépense touristique.
Le véritable enjeu pour la Tunisie reste ainsi de transformer la croissance quantitative du tourisme en davantage de valeur économique, en favorisant notamment l’allongement des séjours, la diversification de l’offre et l’augmentation des dépenses effectuées par les visiteurs dans les différents secteurs de l’économie.
Au-delà du tourisme balnéaire
La question de la diversification de l’offre demeure centrale pour renforcer les retombées économiques du secteur. Le tourisme tunisien reste fortement associé au produit balnéaire, tandis que d’autres segments disposent encore d’un potentiel de développement, notamment le tourisme culturel, saharien, écologique, de bien-être, de plaisance ou encore le tourisme lié au patrimoine.
L’objectif ne consiste donc pas uniquement à attirer davantage de visiteurs, mais aussi à faire en sorte que leur séjour génère davantage de valeur pour les entreprises et les territoires tunisiens.
À fin juillet, les chiffres disponibles montrent en tout cas une tendance positive : la Tunisie accueille davantage de visiteurs et les recettes touristiques progressent encore plus rapidement. Le défi pour la suite de la saison sera de consolider cette dynamique tout en améliorant la valeur générée par chaque séjour.
R.I



