Mendicité galopante : Ensemble pour éradiquer le fléau
La mendicité qui gagne, de jour en jour, nos rues n’est pas une fatalité.
La Presse — En Tunisie où la souveraineté réelle se fonde essentiellement sur la consécration de la dignité du citoyen, il n’est plus acceptable de voir cette horde de mendiants et de mendiantes, de tous âges, occuper l’espace public.
Font-ils « ce métier» volontairement ou sont-ils contraints à se comporter ainsi ou parce qu’ils obéissent aux injonctions venues d’ailleurs ?
On se pose la question d’autant plus que les structures étatiques ne ménagent aucun effort pour multiplier les initiatives et les mécanismes propres à leur assurer un emploi qui préserve leur dignité et renforce leur sentiment d’appartenance.
Et ce ne sont pas uniquement les jeunes qui en sont la cible mais bien l’ensemble des Tunisiens où qu’ils évoluent et à quelle région ils appartiennent.
Il est, donc, un devoir sacré que d’assurer l’encadrement et l’accompagnement qu’il faut à ces citoyens encore en besoin d’assistance.
Le gouvernement, tout en gérant le dossier avec le maximum de souplesse, a aussi le devoir d’appliquer la loi rigoureusement.
Plus encore, les citoyens eux-mêmes peuvent soutenir les efforts des sécuritaires en démasquant les méthodes douteuses connues par certains mendiants. Dont beaucoup sont devenus des braqueurs et aussi des escrocs invétérés. Guettant les bureaux de poste et aussi les distributeurs automatiques bancaires (DAB) pour soulager les vieilles et les vieillards de leurs maigres pensions ou salaires.
Profitant de l’impunité assurée par leurs employeurs eux aussi agissant au vu et au su de tous lors de la décennie noire, ils n’ont que faire des préceptes de la sublime religion islamique.
La religion islamique et la chariaa aussi considèrent, en effet, la mendicité comme un péché conduisant à l’enfer.
Quant aux imams, ils ont beau faire tout leur possible dans leurs prêches du vendredi, ils n’ont malheureusement aucune oreille pour les écouter. Les colosses qui s’adossent aux murs quotidiennement pour importuner les passants et les passantes, sans oublier les enfants et aussi les touristes doivent avoir honte des veuves qui vendent de kleenex et gagnent leur vie à la sueur de leur front.
Ces femmes méritent un geste exceptionnel de la part du ministère de la Femme, de l’Union nationale de la femme tunisienne (Unft) et du Credif à l’occasion de la fête du 13 Août. En l’honneur des mères de la nation et des «Hrairs» qui ont congédié le colonialisme et aujourd’hui les extrémistes.
Les organisateurs du festival de Carthage pourraient-ils avoir l’intelligence d’inviter une délégation des femmes des rues pour assister au concert de Latifa Arfaoui à l’occasion du 13 août ?
N’étant pas une fatalité, éradiquer la merdicité à jamais est possible parce que l’impossible n’est pas tunisien. Mais à la condition essentielle que tous se mobilisent pour éradiquer ce fléau.



