Le débat autour de l’existence du mariage coutumier en Tunisie suscite de vives réactions au sein de la profession des Adoul. Kamel Ben Mansour, président de la commission chargée du suivi des textes régissant cette profession, affirme que le droit tunisien ne reconnaît qu’une seule forme de mariage légal et que toute union conclue en dehors du cadre prévu par la loi ne peut être considérée comme un mariage reconnu.
Intervenant ce jeudi 13 août 2026 sur Jawhara FM, Kamel Ben Mansour a expliqué que le mariage légal en Tunisie doit être établi selon les formes prévues par la législation et faire l’objet d’un acte officiel. Selon lui, une union conclue en dehors de ces procédures relève juridiquement de l’“infraction de mariage contrairement aux formes légales”, et non d’une forme de “mariage coutumier” admise par le droit tunisien.
Des appellations jugées juridiquement trompeuses
Le responsable professionnel s’est également opposé à l’utilisation d’expressions telles que “contrat de mariage coutumier” ou “mariage verbal”. Il estime que ces terminologies entretiennent une confusion autour du cadre juridique tunisien et renvoient à des notions qui, selon lui, n’ont pas de fondement dans la législation nationale.
Cette mise au point intervient dans un contexte de polémique après les déclarations de la présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), Radhia Jerbi, lors d’une récente rencontre médiatique.
Ces propos ont provoqué des réactions au sein de la profession des Adoul. Kamel Ben Mansour, qui s’exprimait également au nom de l’Association de coopération et de promotion de la justice notariale, a considéré que les déclarations rapportées lors de cette rencontre constituaient une “confusion sur le plan juridique” susceptible, selon lui, d’induire l’opinion publique en erreur.
Les Adoul refusent d’être associés à ces pratiques
Kamel Ben Mansour a par ailleurs rejeté toute tentative visant à impliquer la profession des Adoul dans l’établissement de contrats considérés comme illégaux, ainsi que les appels à renforcer leur contrôle ou à saisir le ministère public à leur encontre dans ce contexte.
Il a insisté sur le rôle officiel des Adoul dans l’établissement des actes et contrats, affirmant que la profession, qui compte plusieurs centaines de professionnels, reste attachée aux principes de rigueur, d’impartialité et d’intégrité dans l’exercice de ses missions.
Sur un ton plus ferme, le responsable a enfin fait état d’une mobilisation de plusieurs centaines d’Adoul en vue de demander des poursuites à l’encontre de la présidente de l’UNFT.
Selon Kamel Ben Mansour, cette démarche viserait à répondre à des déclarations qu’ils considèrent comme des allégations portant atteinte aux institutions de l’État et à la profession chargée de l’établissement des actes en Tunisie.
Le débat reste ainsi ouvert autour de la terminologie employée pour désigner certaines unions et de leur éventuelle qualification juridique, les professionnels des Adoul insistant, de leur côté, sur la nécessité de s’en tenir aux formes de mariage prévues par la législation tunisienne.



