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Sauvetage de la Corniche de Bizerte : Tous unis contre le projet destructeur de l’APAL 

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  • 13 août 2026
  • 3 min de lecture
Sauvetage de la Corniche de Bizerte : Tous unis contre le projet destructeur de l’APAL 

À Bizerte, la contestation s’amplifie à l’encontre des travaux entrepris par l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL), présentés comme nécessaires au « sauvetage » des plages de la Corniche. Pour Abderrahman Ben Gaied Hassine, ingénieur en génie civil, ancien responsable au Centre technique des matériaux de construction, de la céramique et du verre (CTMCCV) et militant engagé pour l’environnement, les méthodes retenues sont non seulement inappropriées, mais constituent aussi une menace pour l’équilibre écologique et économique de la région.

Des projets aux effets destructeurs

Hier déjà, la DGSAM avait profondément altéré l’aspect des plages des Grottes. Aujourd’hui, c’est au tour de l’APAL d’intervenir sur la Corniche, encouragée, selon Ben Gaied Hassine, par « l’indifférence, voire la complicité d’une partie de la société civile ». Les solutions proposées, enrochements massifs et ouvrages lourds, ne satisfont ni aux exigences environnementales ni aux contraintes techniques et budgétaires. À ses yeux, l’enrochement est une menace majeure : il perturbe les courants marins, accélère l’érosion des zones adjacentes et détruit des habitats naturels. Techniquement, la rigidité de ces ouvrages ne résout pas le problème mais le transfère ailleurs, générant de nouveaux déséquilibres ; financièrement, leur coût est considérable au regard d’une efficience limitée. Enfin, l’impact sur le tourisme est non négligeable : des plages transformées en chantiers perdent leur attractivité, privant la ville d’une ressource économique essentielle.

Une méthode ancienne, éprouvée mais délaissée

Ben Gaied Hassine rappelle l’existence de solutions simples et efficaces, expérimentées il y a plus de soixante ans par des Bizertins pionniers. Farouk Souabni et Ali Fliss avaient recours à des sacs de sable pour freiner l’érosion et dissiper l’énergie des vagues, principe aujourd’hui reproduit par des boudins en géotextile. « Nos anciens avaient mis au point des réponses adaptées ; on préfère désormais des projets onéreux et inopportuns », regrette-t-il.

L’exemple édifiant de Mahdia

Certains estiment toutefois qu’il est désormais trop tard pour intervenir. Sur ce point, l’ingénieur évoque la mobilisation des habitants de Mahdia, qui réussirent à faire cesser une opération considérée comme inappropriée sur leur littoral, malgré l’ouverture du chantier. Cette action civique, selon lui, offre un exemple à suivre : « Les Bizertins doivent s’inspirer de Mahdia. Quand la société civile se mobilise, elle peut infléchir des décisions lourdes de conséquences. »

Des antécédents encourageants

Il rappelle aussi qu’en 2014, grâce à une mobilisation citoyenne et à l’expertise déterminante de Mohamed Thamri, le ministère de l’Équipement avait suspendu les travaux d’enrochement aux Grottes. « Lorsque les décideurs sont confrontés à des spécialistes maîtrisant le dossier et soutenus par une société civile active, l’équilibre peut être rétabli », observe-t-il.

Un appel pressant

L’urgence est, selon le militant, manifeste : il faut convaincre les autorités avant la reprise des travaux programmée pour le mois prochain. « Nous disposons d’arguments techniques démontrant l’inadaptation de ces projets. Il est impératif d’agir sans délai », insiste-t-il.

Son combat illustre une vérité plus large : la protection du littoral doit se concevoir avec la nature, non contre elle.

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Auteur

La Presse

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