Economie

IA : La bataille pour les destinations d’externalisation

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  • 14 août 2026
  • 5 min de lecture
IA : La bataille pour les destinations d’externalisation

L’Intelligence artificielle redéfinit progressivement les critères de compétitivité des destinations d’externalisation. Le « Global Outsourcing AI Readiness Index 2026 » d’Ataraxis Management place l’Inde en tête, devant le Brésil et la Malaisie, en évaluant l’adoption de l’IA, les compétences disponibles, son intégration dans les entreprises et la préparation des systèmes éducatifs. La Tunisie, qui ne figure pas dans ce classement, est néanmoins confrontée au même défi : transformer ses compétences numériques en avantage compétitif.

La Presse — L’Intelligence artificielle s’impose progressivement comme un nouveau facteur de compétitivité dans l’industrie mondiale de l’externalisation. Après le coût de la main-d’œuvre, les compétences linguistiques, les infrastructures et la stabilité, la capacité à adopter et à intégrer l’IA devient un critère de plus en plus déterminant pour les donneurs d’ordre internationaux. C’est le constat qui ressort du « Global Outsourcing AI Readiness Index 2026 », publié par « Ataraxis Management ». L’étude évalue 25 destinations majeures de l’externalisation à travers quatre dimensions : l’adoption de l’IA par la population, la maîtrise de ces technologies par la main-d’œuvre, leur adoption par les entreprises et le potentiel du système éducatif à former les compétences nécessaires.

L’Inde garde une longueur d’avance

Avec 84,55 points sur 100, l’Inde arrive en première position. Elle se distingue notamment par la maîtrise de l’IA par sa main-d’œuvre et par le niveau d’adoption de ces technologies dans les entreprises. Le Brésil se classe deuxième avec 76,1 points, suivi de la Malaisie avec 75,65 points.

La Hongrie, les Philippines, le Chili, la République tchèque, l’Afrique du Sud, la Bulgarie et l’Argentine complètent le Top 10. Plus loin, la Pologne occupe la 11e place, devant l’Indonésie et la Roumanie. Le classement fait également ressortir plusieurs pays africains. L’Égypte se classe 16e, devant le Nigeria, le Kenya et le Maroc. Le Ghana, le Pakistan, le Népal, le Bangladesh, l’Ouganda et l’Éthiopie ferment le classement. L’indice accorde 30 % du score final à l’adoption de l’IA par la population et autant à la maîtrise de ces technologies par la main-d’œuvre. L’adoption par les entreprises représente 25 %, tandis que le potentiel du système éducatif compte pour 15 %. Le premier indicateur mesure notamment la diffusion des outils d’IA générative auprès de la population en âge de travailler et les conditions nécessaires à leur utilisation. Le deuxième évalue la profondeur du vivier de compétences : talents spécialisés, communautés de développeurs et capacité à disposer d’une main-d’œuvre capable de transformer l’utilisation de l’IA en gains de productivité. Le troisième porte sur l’intégration de l’IA dans les entreprises. L’enjeu n’est donc plus seulement l’utilisation individuelle de ces outils, mais leur déploiement dans les processus opérationnels. Le dernier critère introduit une dimension prospective en évaluant la capacité des systèmes éducatifs à produire les compétences nécessaires, à travers notamment les formations technologiques et les disciplines scientifiques.

Une nouvelle géographie des services

L’intérêt de l’étude est de montrer que la compétitivité des destinations d’externalisation ne peut plus être appréciée uniquement à travers les coûts. Les entreprises clientes recherchent progressivement des prestataires capables d’utiliser l’IA pour améliorer la productivité, automatiser certaines tâches et proposer des services à plus forte valeur ajoutée.

L’IA ne signifie donc pas nécessairement la disparition de l’externalisation. Elle peut au contraire renforcer l’attractivité des pays qui disposent déjà d’un vivier de compétences technologiques et qui réussissent à accompagner leurs salariés dans cette transformation.

Cette évolution concerne également les marchés clients. Les États-Unis arrivent en tête des sept principaux marchés étudiés, avec un score de 86,7 points, devant le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Australie, le Canada et le Japon. Selon les données citées par Ataraxis, les Etats-Unis représentent à eux seuls 36 % des dépenses mondiales dans le BPO.

La Tunisie face au défi

La Tunisie ne figure pas parmi les 25 destinations analysées dans cet indice. Il n’est donc pas possible de lui attribuer un rang ou un score à partir de cette étude. Son absence constitue néanmoins un point de réflexion pour un pays qui cherche à renforcer son positionnement dans les services numériques et les activités à plus forte valeur ajoutée.

Le défi consiste désormais à renforcer les compétences en IA, accélérer l’adoption de ces technologies par les entreprises et adapter les formations aux besoins du marché. La capacité à retenir les talents et à développer un écosystème numérique suffisamment performant sera également déterminante.

La compétition mondiale dans l’externalisation change ainsi de nature. Le coût du travail demeure un facteur important, mais il ne suffit plus. Les destinations les mieux positionnées seront celles capables de combiner compétences, infrastructures, formation et adoption effective de l’intelligence artificielle.

Pour les économies émergentes, l’enjeu est donc de ne pas rester de simples plateformes de services, mais de monter dans la chaîne de valeur. L’IA pourrait bien devenir l’un des principaux leviers de cette transformation.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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