Les plages tunisiennes, qui constituent l’un des principaux atouts touristiques du pays, sont confrontées aujourd’hui à une menace de taille; les rejets d’eaux usées qui se déversent directement dans la mer et qui les rendent impropres à la baignade. A cause de ces effluents industriels et ménagers, l’eau peut virer au marron foncé et devenir noire, dégageant une odeur pestilentielle.
De magnifiques plages ont, , par le passé, fait les frais du déversement des eaux usées de l’ONAS qui ont complètement dégradé le littoral. La plage de Radès, dans la banlieue sud de Tunis, en est la parfaite illustration. Alors qu’elle figurait parmi les plus belles plages de Tunis, prise d’assaut, chaque été, par les estivants, celle-ci s’est progressivement dégradée, à cause des effluents provenant notamment de l’activité de la zone industrielle et qui sont déversés dans l’oued Méliane avant de finir leur trajet dans la mer, ce qui a conduit à l’interdiction de la baignade sur cette plage et dans d’autres zones de la banlieue sud.
Idem pour la plage d’Ezzahra. Autrefois considérée comme l’une des plages les plus appréciées de la banlieue de Tunis, elle est devenue également impropre à la baignade, en raison du trop plein des eaux usées déversé dans les bassins versants et la mer, contribuant à la pollution du littoral. Or, ces épisodes de rejets d’eaux usées dans la mer ont tendance, aujourd’hui, à devenir récurrents.
Alors qu’au début de ce mois d’août, la plage de Sidi Salem a été déclarée impropre à la baignade à la suite de la détection de taux alarmants de streptocoques fécaux et de salmonelles, véhiculés par les eaux non traitées de l’oued Harraga, la station balnéaire de Yasmine Hammamet a également connu un important déversement d’eaux usées directement sur la plage. Cet événement a provoqué l’indignation des riverains et des estivants, incitant à des appels d’urgence auprès des autorités.
Afin d’éviter que les choses ne s’aggravent davantage et ne se transforment en catastrophe écologique, il est urgent de mettre fin au déversement direct des eaux usées en mer en adoptant des solutions, consistant, entre autres, à: dévier ces effluents loin des zones de baignade et à moderniser les stations d’épuration afin traiter la quasi-totalité des eaux usées.
Au-delà, des enjeux liés au secteur touristique, il s’agit de garantir la salubrité, la beauté et la propreté des plages, de protéger la santé des estivants lorsqu’ils se baignent et de préserver, surtout, durablement les écosystèmes marins, les ressources halieutiques et les nappes phréatiques.



