Le canal de Bizerte n’est pas qu’un simple passage d’eau reliant la Méditerranée au lac.
Il est un véritable poumon écologique, un espace où se rencontrent biodiversité marine et équilibre urbain. Ses rives abritent une faune et une flore fragiles, ses eaux participent à la régulation naturelle de l’environnement et son rôle est essentiel dans la préservation de l’identité maritime de la ville. Ce patrimoine devrait être protégé et valorisé comme un trésor collectif, un symbole de notre lien avec la mer et de notre responsabilité envers les générations futures.
Pourtant, ce joyau est aujourd’hui menacé par l’indifférence et l’incivisme, transformé en réceptacle de déchets et en miroir de notre abandon.
Incivisme des uns, laxisme des autres
Le canal de Bizerte est un patrimoine naturel et urbain qui devrait être source de fierté. Pourtant, sur sa rive sud, à Zarzouna, il est chaque jour souillé par des comportements irresponsables. Les promeneurs nocturnes, les clients des cafés et autres gargotes et restaurants, mais aussi les tenanciers eux-mêmes, n’hésitent pas à jeter leurs déchets dans l’eau. Plastiques, papiers, restes alimentaires : tout s’y accumule, transformant ce lieu en un cloaque hideux.
Ce n’est pas seulement une atteinte à l’esthétique de la ville. C’est une atteinte à notre santé, à notre environnement, à notre dignité collective. Car ce désastre est le fruit d’une irresponsabilité partagée : celle de pseudo citoyens qui confondent liberté et incivisme, et celle d’autorités locales dont le laxisme équivaut à une complicité.
L’on ne peut plus détourner le regard. Ni accepter que le canal devienne le dépotoir de nos soirées. Nous devons nous indigner, nous mobiliser, nous organiser. Car Zarzouna mérite mieux que cette honte. Elle mérite un sursaut citoyen, une volonté politique ferme, une reconquête de son identité.
Appel à mobilisation
Cette tribune n’est pas seulement un cri d’alarme. Elle est un appel à l’action. Les habitants, les commerçants, les associations et les autorités doivent agir ensemble pour sauver le canal.Il est temps de passer de l’indignation à l’action. Des nettoyages citoyens réguliers doivent être organisés afin que jeunes, familles et commerçants s’approprient la responsabilité de leurs berges.
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les cafés et les espaces publics rappelleront que jeter ses déchets dans le canal n’est pas un geste anodin mais un crime contre la ville. Les autorités locales doivent être mises sous pression pour instaurer des contrôles, appliquer des sanctions et assurer une présence policière dissuasive.
Les commerçants, eux, doivent être responsabilisés par des règles strictes de gestion des déchets et sanctionnés en cas de manquement. Enfin, la création d’un collectif citoyen apparaît indispensable pour fédérer les habitants, dialoguer avec les autorités et porter la voix de Zarzouna dans cette lutte pour la dignité et l’avenir du canal.
R.I



