Culture

40e édition de la Foire du livre : l’Union des éditeurs demande des comptes

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  • 28 août 2026
  • 6 min de lecture
40e édition de la Foire du livre : l’Union des éditeurs demande des comptes

Près de quatre mois après la clôture de la 40e édition, l’Union des éditeurs tunisiens réclame une évaluation officielle avant toute décision sur sa direction et demande à être associée à la préparation de la 41e édition, prévue entre avril et mai 2027.

Près de quatre mois après la clôture, le 3 mai 2026, de la 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis, l’Union des éditeurs tunisiens demande une évaluation « officielle, globale et transparente » de la manifestation avant toute décision sur la reconduction de son directeur.

Dans un communiqué, l’organisation estime que le nombre de visiteurs, d’exposants et le montant des recettes ne suffisent pas à établir le bilan d’une édition. Elle souhaite également que soient évalués la qualité de l’accueil du public, les conditions de participation des exposants et l’apport de la foire au livre, à l’édition et à la vie culturelle tunisienne.

Plusieurs dysfonctionnements sont relevés : signalétique insuffisante, absence de plan clair, identification incomplète de certains stands, espaces fermés ou presque vides, éclairage insuffisant dans certaines zones, manque d’étagères, de tables et d’équipements, mauvaise utilisation de certains espaces, difficultés de circulation et suivi de terrain jugé insuffisant.

L’Union dénonce surtout la présence de livres contrefaits ou piratés, ainsi que de jeux pour enfants, d’accessoires et de produits sans rapport avec une manifestation spécialisée dans le livre. Elle estime que ces éléments portent atteinte à l’identité et à la crédibilité de la foire, notamment à sa mission de protection du livre légal et des droits des auteurs et des éditeurs.

L’organisation affirme avoir alerté la direction, avant l’ouverture et à plusieurs reprises, sur plusieurs de ces risques. Certains se seraient néanmoins concrétisés. Elle demande donc que la gestion de la 40e édition soit examinée, y compris les responsabilités du directeur en matière de planification, de coordination, d’organisation et de suivi.

Selon l’Union, diriger une foire internationale du livre exige une expérience dans la gestion des grandes manifestations, une connaissance du secteur du livre et de l’édition et des compétences en planification, organisation, coordination, gestion des équipes, communication avec les éditeurs, prise de décision, gestion des crises et suivi sur le terrain.

Quelle place pour les professionnels ?

L’Union souhaite également être associée aux décisions concernant la foire. Elle rappelle représenter le secteur de l’édition et disposer d’une expérience acquise lors de la Foire de Tunis et des manifestations arabes et internationales. La concertation, précise-t-elle, ne signifie pas que toutes ses propositions doivent être retenues, mais que ses observations et celles des professionnels doivent être examinées avant les décisions.

Le communiqué interpelle aussi l’Administration générale du livre, considérée comme l’instance sectorielle compétente. L’Union souhaite qu’elle participe à l’évaluation de la 40e édition, au diagnostic de ses insuffisances, à la définition des orientations futures, à la réflexion sur la date de la prochaine édition et, dans les limites de ses prérogatives légales, au choix de sa direction, en concertation avec les professionnels.

Concernant la 41e édition, l’Union interroge l’autorité de tutelle et l’Établissement national pour le développement des festivals et des manifestations culturelles et artistiques sur la réservation éventuelle d’une date et sur une tenue prévue entre avril et mai 2027. Si le calendrier a déjà été fixé ou est en cours de finalisation, elle demande pourquoi elle n’a pas été consultée.

Pour les éditeurs, le calendrier conditionne les programmes d’édition, d’impression et de distribution, leur préparation, les participations internationales, l’invitation des invités, la programmation culturelle et la coordination avec les autres foires arabes et internationales. Ils demandent donc que les préparatifs commencent dès maintenant.

Une reconduction conditionnée à l’évaluation

L’éventuelle reconduction du directeur de la 40e édition est au centre des préoccupations de l’Union. Celle-ci demande où se trouve, près de quatre mois après la clôture, le rapport d’évaluation officiel et souhaite connaître les résultats obtenus, les échecs, les causes des insuffisances constatées, les responsabilités engagées ainsi que les avis des éditeurs, des exposants et de l’Administration générale du livre.

Elle estime qu’aucune reconduction ne devrait intervenir avant cet examen et rappelle qu’une fonction ne constitue pas un droit acquis. L’organisation affirme ne pas viser des personnes, mais défendre le principe d’une évaluation préalable à tout renouvellement de confiance.

L’Union conteste également une appréciation du succès reposant uniquement sur les chiffres : une hausse de la fréquentation peut coexister avec des services insuffisants, une augmentation du nombre d’exposants avec une mauvaise répartition des stands, et une progression des recettes avec des équipements ou une organisation défaillants. La hausse du nombre de livres exposés ne garantit pas non plus l’absence d’ouvrages contrefaits ou piratés.

Pour la prochaine édition, l’organisation demande donc une évaluation complète de la 40e, l’identification des insuffisances et des responsabilités, l’absence de reconduction avant l’examen de l’action du directeur, l’association de l’Union et de l’Administration générale du livre à la préparation de la 41e, une consultation préalable sur sa date et des critères « clairs et transparents » pour choisir sa direction, fondés notamment sur la compétence et l’expérience dans la gestion des foires et grandes manifestations.

Elle réclame également une préparation suffisamment anticipée afin d’éviter la répétition des problèmes liés aux retards, à l’organisation et aux équipements. Pour l’Union, l’avenir de la Foire internationale du livre de Tunis doit reposer sur la compétence, l’expérience, la concertation, la transparence et la responsabilité, et non sur une reconduction automatique de la direction précédente.

S.M

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Auteur

La Presse

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