Le compte à rebours avant le retour à la normale
Les derniers mètres sont toujours les plus pénibles avant la ligne d’arrivée. Selon les prévisions météorologiques, quelques jours nous séparent encore du retour à des températures plus normales. Avec la baisse attendue du mercure, les pénuries d’eau et les coupures d’électricité qui ont marqué cet été devraient peu à peu s’éloigner. Les files d’attente devant les points de vente de bouteilles d’eau et les soirées passées à la lueur d’une bougie finiront par appartenir au passé.
Mais il serait imprudent de tourner la page trop vite. Car derrière les difficultés provoquées par la canicule, un autre phénomène s’est invité dans le débat : celui de possibles tentatives de déstabilisation.
Lors d’une réunion tenue mercredi au Palais de Carthage, en présence de la Cheffe du gouvernement, le Président de la République a écarté l’hypothèse de pannes fortuites. Il a évoqué, sur la base des «enquêtes menées », des « actes de sabotage organisés» visant à «semer le trouble, alimenter les rumeurs et priver les citoyens de services essentiels». Il affirme que leurs auteurs ont été identifiés et appelle à préserver l’unité du front intérieur.
Dès lors, la question dépasse le seul épisode des coupures et des perturbations enregistrées durant l’été. Les actes visant délibérément des installations ou des services essentiels touchent directement à la sécurité du pays et au quotidien des Tunisiens. La réponse doit donc être à la hauteur. Il faut sécuriser les infrastructures stratégiques, identifier les défaillances et empêcher que des millions de citoyens ne se retrouvent à nouveau privés d’eau ou d’électricité.
Voilà toute la leçon de cet été. L’eau qui coule et la lumière qui s’allume sont des besoins essentiels pour chaque foyer. Lorsqu’ils viennent à manquer, c’est bien plus qu’un service public qui est affecté. C’est la confiance entre l’État et les citoyens qui se trouve fragilisée.
Le Chef de l’État a lui-même rappelé que «le peuple tunisien n’a plus besoin aujourd’hui de simples communiqués», mais plutôt « d’actes ». Le peuple attend la sécurisation des installations stratégiques de la Steg et de la Sonede, la transparence sur les enquêtes en cours, mais surtout des investissements pérennes pour renforcer la résilience des réseaux.
Le retour attendu de la fraîcheur dissipera peu à peu le sentiment de manque. Mais il ne doit pas pour autant faire oublier ce que le pays vient de traverser. Les températures finiront par baisser. Les exigences, elles, resteront.



