Monde

Pétrole : Trump annonce un accord historique de 65 milliards de barils avec le Venezuela

Avatar photo
  • 29 août 2026
  • 5 min de lecture
Pétrole : Trump annonce un accord historique de 65 milliards de barils avec le Venezuela

Le président américain Donald Trump a annoncé la conclusion d’un « accord géant » avec le Venezuela permettant l’accès à plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières du pays. Cette initiative vient concrétiser le rapprochement entre Washington et Caracas à la suite du renversement de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro.

Dans une publication sur sa plateforme Truth Social,  Trump a indiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avaient mené à bien les négociations avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, qualifiant cette entente d’« accord le plus important au monde ».

Le chef d’État américain a ajouté que cet accord permettra de doubler les réserves pétrolières des États-Unis, d’augmenter les approvisionnements en brut et de contribuer à une baisse significative et « durable » des prix de l’essence pour les consommateurs américains.

Le Venezuela possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole brut au monde, estimées à environ 303 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite (268 milliards) et l’Iran (208 milliards).

Selon le média américain Axios, les négociations ont porté sur des gisements abritant environ 90 milliards de barils de réserves prouvées, sur l’ensemble du domaine pétrolier vénézuélien.

Citant un responsable américain, Axios a précisé que l’administration Trump a conscience de la délicatesse des accusations qui pourraient peser sur le gouvernement de transition vénézuélien quant à une éventuelle cession des richesses nationales au profit des États-Unis, soulignant que des efforts sont déployés pour démontrer que le partenariat profitera au peuple vénézuélien.

Donald Trump a affirmé que cet accord « contribuera à maintenir le Venezuela sur la voie du succès et de la prospérité », tout en consolidant les relations florissantes entre les deux nations.

De son côté, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a déclaré que cet accord historique avec les États-Unis aura un impact déterminant sur le redressement du pays et favorisera l’afflux d’investissements nécessaires à la reconstruction des infrastructures stratégiques du Venezuela.

Des concessions pétrolières accordées pour 100 ans

Selon les informations publiées par le Financial Times, l’accord fixe le cadre de la gestion opérationnelle de 17 à 21 gisements pétroliers sur le territoire vénézuélien.

Le quotidien économique, citant un responsable de la Maison-Blanche, rapporte qu’une entreprise conjointe entre le gouvernement américain et un opérateur privé expérimenté dans le secteur pétrolier vénézuélien obtiendra des concessions d’une durée de 100 ans pour développer des champs recelant environ 63 milliards de barils de réserves prouvées.

Ce responsable a expliqué que les États-Unis percevront une part de 55 % de la production effective de cette coentreprise, qui deviendrait ainsi la deuxième plus grande compagnie pétrolière privée au monde en volume de réserves.

Les négociations couvrent au total près de 17 gisements, y compris de nouvelles concessions, pour des réserves globales associées estimées à quelque 90 milliards de barils.

Le pétrole vénézuélien au cœur de la stratégie américaine

Cette transaction intervient alors que l’administration américaine cherche à accroître l’offre de pétrole et à faire baisser les prix à la pompe sur son marché intérieur, dans un contexte de tensions géopolitiques et de conflits mondiaux pesant sur les cours de l’énergie.

L’accord reflète également la volonté de Washington d’asseoir son influence sur le secteur énergétique vénézuélien et de tenir la Chine à l’écart des ressources du pays, réorganisant ainsi l’échiquier stratégique régional.

Les États-Unis disposent aujourd’hui de leur plus fort levier d’influence au Venezuela depuis le renversement, l’arrestation et le transfert vers le sol américain de l’ancien président Nicolás Maduro en janvier dernier.

Toutefois, la révélation des termes de l’accord a suscité de vives critiques au sein de l’opposition vénézuélienne, déjà échaudée par l’absence d’une véritable transition démocratique après la chute de Maduro.

L’ancien ministre et figure de l’opposition Ricardo Hausmann a qualifié le gouvernement provisoire d’« illégitime », estimant qu’il ne possède pas la compétence légale pour signer un tel engagement, et prévenant qu’il s’agirait d’un « échec » pour l’ensemble des parties.

L’économiste Francisco Rodríguez a pour sa part exhorté l’assemblée nationale à rejeter ce qu’il qualifie d’« accord prédateur », affirmant que céder le contrôle d’une partie des richesses pétrolières nationales aux États-Unis est contraire à la Constitution et va à l’encontre des intérêts du peuple, en particulier si le texte a été négocié sous la contrainte.

Les modalités financières, les détails contractuels et les mécanismes d’exécution de cet accord restent scrupuleusement observés, alors que la Maison-Blanche mène son pari de relancer la production vénézuélienne pour alimenter le marché mondial et consolider ses intérêts économiques et géopolitiques dans la région.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page