Au fait du jour : Le tribalisme sportif
La Presse — A la fin du protectorat, nous étions une « simple poussière d’individus ». Il fallait partir de là pour revenir aux fondamentaux de ce qui fait une nation. En vérité, sur le plan des sentiments que chacun d’entre nous ressent vis-à -vis de ce pays, l’union, la solidarité et la volonté féroce de défendre cette terre sont bien vivantes.
Donc, considérant qu’il n’y a pas de doute à ce propos rentrons dans le vif du sujet. Avec tout le respect que nous devons vis-à-vis du président du Cnot et du ministre de la Jeunesse et des Sports, ces deux actuels responsables, nous ne savons pas s’ils en sont conscients ou pas, nous ont rejeté depuis quelques années dans un tribalisme sportif qui nous coûte cher.
Le sport tunisien le paie et au comptant. En effet, pour ces JM 2026, c’est l’heure du bilan. Les médailles ne signifient absolument rien par rapport à ce qu’a fait la délégation tunisienne à ces Jeux : comportement, préparation, sensibilisation des athlètes, concentration, choix, etc. La Tunisie a en effet envoyé la plus importante délégation depuis la première participation à ces joutes. C’est dire que l’on a accordé de l’importance à ce rassemblement méditerranéen et les résultats signifiaient bien quelque chose.
A lire les communiqués triomphalistes des uns et des autres, on lisait entre les lignes qu’il y avait deux pouvoirs et que chacun était heureux d’avoir conquis la médaille. Pourtant il suffisait de se tourner vers le mât d’honneur pour que l’on revienne à la réalité : seules les couleurs tunisiennes grimpaient à ce mât !
Sans pour autant nous attarder sur les causes, nous souhaitons que le Cnot et le ministère des Sports fassent leur mea culpa, écartent d’un revers de main le passé et se serrent la main pour repartir sur des bases solides. Ils ne peuvent qu’être solidaires et complémentaires pour l’intérêt du sport national. Le Cnot est en mesure de soutenir le sport national au vu de ses relations, alors que le pays traverse une phase difficile au niveau du financement de ses projets pour répondre aux ambitions de cette génération montante de jeunes filles et garçons de valeur. Nous avons besoin d’un Cnot autoritaire et d’un ministère en état de montrer la voie et de soutenir toute activité sportive dans le pays. Nous avons intérêt à ce que cette union des efforts et des moyens se fassent le plus tôt possible.
Les grandes compétitions où le nom de la Tunisie rayonne sont toutes proches. Il faudrait les préparer dans une ambiance d’osmose complète. Ce tribalisme sportif a assez duré. Nos adversaires potentiels travaillent et avancent à pas de géant.



