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Artisanat tunisien : De bonnes raisons pour aider nos artisans

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  • 29 août 2026
  • 5 min de lecture
Artisanat tunisien : De bonnes raisons pour aider nos artisans

Plus qu’un rendez-vous professionnel, les salons et foires que l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) tient, régulièrement, à organiser un peu partout dans le pays, s’érigent en plaque tournante de nouveaux produits traditionnels si revisités et repensés. Mais il y a toujours un hic : le secteur n’a pu se vendre sur le marché local et les commerçants ont du mal à écouler leurs stocks.

La Presse — Qu’est-ce qui manque à notre artisanat afin qu’il puisse voler de ses propres ailes ? Bien des choses dont une vraie stratégie de promotion bien ficelée et un marketing de marché savamment étudié. Car jamais l’évolution d’un tel ou tel secteur en difficulté ne se limite uniquement à l’effet promotionnel.

En partie, oui, mais pas suffisant pour se faire valoir et forger, de la sorte, sa propre identité. L’artisanat étant l’un des métiers qui devraient se renouveler, sans perdre ses repères ou déroger à son héritage du passé. Cela nous commande de l’accompagner pour être de son temps et réinventer sa façon d’être.

A la croisée des chemins

L’évènementiel étant, certes, de mise, mais il ne dit pas tout. A moins qu’il soit couplé à tout un plan d’action et de réflexion sur le devenir d’un métier ancestral qui cherche encore à sortir des sentiers battus et se frayer un passage sur les chemins croisés. D’autant plus qu’il n’a pas su gagner en compétitivité et fidélisation des clients, ce qui lui permettrait d’augmenter sa part de marché local et se tourner vers l’exportation.

Pourtant, nos produits et nos articles faits maison, avec doigté et perfection jusque dans les moindres détails, ont eu la chance d’être notoirement reconnus. Imbus d’idées et de projets, artisanes et artisans font ainsi de leur mieux pour assurer leur promotion. Tant il est vrai que notre fameuse chéchia, le réputé tapis kairouanais, la poterie de Sejnane et bien d’autres, véritables pièces maîtresses du secteur, se posent en porte-drapeau à une large échelle.

Comme tous les ans ou presque, la tournée des manifestations artisanales a réputé crevé l’écran. Des médias en étaient, alors, témoins. Du nord au sud, foires et salons ont pu rendre au secteur son blason. Et des exposants issus de tous les horizons, ainsi que des visiteurs aussi nostalgiques pour tout savoir-faire manuel, n’ont pas manqué à pareils rendez-vous. Au Kram, à Monastir, à Sousse, à Kairouan, à Nabeul, Tabarka et dans bien d’autres coins de la Tunisie, nos artisans y mettent du leur avec ferveur. 

Il y a quelques semaines, environ 450 artisans issus de 12 gouvernorats ont pris part à la 17e édition du salon national de l’artisanat de Sousse. L’ambiance était telle qu’elle avait donné ainsi une nouvelle dynamique commerciale. « A chaque fois, on essaie de mettre en vedette les atouts majeurs de ce secteur séculaire.

Outre le pavillon commercial, on met à la disposition de nos clients et visiteurs d’autres espaces dédiés aux handicapés, jeunes promoteurs, designers, sociétés communautaires et un espace- musée où certains articles exposés remontent à deux siècles en arrière », commente Kaïs Gaâloul, commissaire régional à l’artisanat de Sousse.

Mieux comprendre les enjeux du présent

En fait, d’un large éventail de choix jaillit un profil professionnel typiquement tunisien et incarne le legs d’un passé revisité. Aujourd’hui, on s’adonne à un vieux métier quasiment révolutionné. Parallèlement, il faut mieux comprendre les enjeux du présent, afin de lui assurer un avenir radieux.

Cela dit, l’on doit, au fur et à mesure, réviser nos comptes et capitaliser sur nos acquis et expériences et tirer les enseignements de chaque foire et salon dont le nombre annuel dépasse les 200. L’essentiel est de savoir profiter d’un tel potentiel artisanal pour investir dans nos traditions et valoriser nos produits, à même de reconsidérer le rapport qualité-prix.

Et là, la crise endémique dans laquelle s’enlise le secteur, depuis des années, n’est plus un secret pour personne. Artisans et artisanes le savent très bien, sollicitant souvent des solutions pragmatiques et réalistes. « Toujours est-il que la matière première, le financement et l’investissement sont les principales difficultés auxquelles fait face le secteur dans la région.

Volet commercialisation, tout dépend de l’artisan et de la valeur du produit exposé. Cela dit, la qualité se paie», avoue Gaâloul. De quoi nos artisans se plaignent souvent. Il s’agit, là, d’un problème structurel qui persiste encore, sans que personne ne lève le petit doigt. 

Ceci étant, alors que le secteur semble, quand même, avoir les atouts de bien s’exporter. Chiffres officiels à l’appui, il a dû rapporter, l’année dernière, plus de 150 millions de dinars, à l’échelle nationale. « Jusqu’au premier semestre de cette année, le bilan du secteur s’annonce de bon augure, dont les rentrées des exportations janvier- juin 2026 ont pu dépasser la moitié de ce qui a été réalisé au cours de l’année dernière », a encore estimé le commissaire à l’artisanat de Sousse.

Du reste, toute manifestation artisanale compte. L’artisanat tunisien n’est plus ce qu’il était autrefois. Revisité, il incarne un nouveau style de vie, le traduisant en modes de consommation et de production qui relèvent de tous les goûts et répondent aux besoins actuels du marché.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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