A la une Société

Marché de volaille : la production nationale chute à 13 600 tonnes et provoque des tensions sur les prix

  • 31 août 2026
  • 3 min de lecture
Marché de volaille : la production nationale chute à 13 600 tonnes et provoque des tensions sur les prix

La filière avicole semble entrer dans une zone de turbulences ! Le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, Brahim Nafzaoui dresse justement un bilan comptable sévère de la filière avicole.

S’exprimant aujourd’hui, lundi 31 août 2026, Brahim Nafzaoui a formalisé un diagnostic sans concession de la situation. Il confirme d’emblée l’enregistrement d’une baisse notable des volumes disponibles à la découpe. Une contraction, explique-t-il, induite par un fléchissement de la production industrielle mensuelle qui a reculé d’un seuil ordinaire de 16 000 tonnes pour stagner à un niveau de 13 600 tonnes de viande, un ajustement mécanique mis en œuvre par les éleveurs pour purger les stocks accumulés lors des cycles de surproduction antérieurs. « Ce stress sur l’outil de production se double d’une baisse globale des indicateurs de ponte au niveau des centres de collecte avicoles nationaux », révèle l’intervenant. Et d’ajouter que « le cheptel en ponte assure actuellement l’injection d’un volume mensuel consolidé de 157 millions d’œufs sur les étals des détaillants, matérialisant ainsi un déficit opérationnel par rapport aux statistiques antérieures de l’office qui se stabilisaient à un niveau de 162 millions d’unités ».

Pour endiguer l’escalade des tarifs de détail provoquée par cette baisse de l’offre, la chambre syndicale applique un dispositif rigoureux de blocage des prix de vente réglementaires, maintenant le poulet de chair homologué au tarif fixe de 8950 millimes le kilogramme. Pour ce qui est de l’escalope de poulet fraîche, elle est encadrée dans une fourchette stricte allant de 19 400 à 19 800 millimes le kilogramme, sanctuarisant la barre symbolique des 20 dinars comme seuil maximal non négociable pour les opérateurs de la distribution.

L’origine profonde de cette instabilité sectorielle, explique le représentant de la Chambre, réside dans la fragilisation structurelle et comptable du tissu industriel des transformateurs de première ligne. La direction syndicale révèle une fermeture massive des chaînes d’abattage réglementées, « le réseau national des abattoirs agréés a subi une violente purge administrative et financière en passant de 35 établissements homologués à seulement 12 structures industrielles encore en exploitation active sur le territoire national », note M. Daoud. Et d’ajouter que « ces usines survivantes fonctionnent sous le poids de pertes financières chroniques consécutives à la hausse continue des cours mondiaux des intrants et des aliments importés, obligeant la tutelle à coordonner quotidiennement ses interventions avec le ministère du Commerce pour flécher en priorité les volumes disponibles vers les grandes surfaces et saturer les circuits de distribution légaux. Et ce, afin d’éviter la prolifération des spéculateurs de quartier qui facturent le plateau d’œufs au-delà de la norme légale de 1200 millimes ».

S.R

Auteur

S. R

You cannot copy content of this page