Pacifique : trois ouragans simultanés, un phénomène rare lié au puissant El Niño
L’océan Pacifique a été le théâtre, jeudi 3 septembre, d’un phénomène météorologique rare avec la présence simultanée de trois ouragans. Selon les scientifiques, cette situation s’explique notamment par la hausse des températures de l’eau associée à un épisode d’El Niño particulièrement intense.
La tempête tropicale Marie s’est renforcée pour devenir un ouragan mercredi soir au large de la Basse-Californie, rejoignant ainsi Karina et Lyle, deux ouragans de catégorie 4 qui progressaient vers l’ouest à travers le Pacifique.
D’après le Centre national des ouragans américain (NHC), l’ouragan Lyle se trouvait à environ 710 kilomètres au sud de Hilo, à Hawaï. Il devrait rester puissant au cours des prochains jours alors qu’il poursuit sa trajectoire vers l’ouest.
Le NHC a également averti que la forte houle générée par Lyle pourrait provoquer des conditions maritimes dangereuses pour les baigneurs dans plusieurs secteurs des îles hawaïennes, notamment en raison de vagues puissantes et de courants d’arrachement. Les prévisions concernant sa trajectoire et son intensité à plus long terme restent toutefois plus incertaines que d’habitude.
Hawaï toujours sous la menace
Hawaï se remet encore du passage de l’ouragan Lala, qui avait longé le sud de la Grande Île le mois dernier, provoquant des vents destructeurs ainsi que de violentes crues soudaines.
De son côté, l’ouragan Karina s’est légèrement affaibli mercredi soir en se dirigeant vers le nord-ouest. Le NHC estime néanmoins qu’il devrait conserver son statut d’ouragan au cours des deux prochains jours.
Plus à l’est, l’ouragan Marie se trouvait à environ 600 kilomètres au sud-ouest de l’extrémité méridionale de la Basse-Californie. Le NHC prévoit un renforcement de son intensité vendredi.
El Niño favorise le renforcement des ouragans
Les eaux chaudes fournissent l’énergie nécessaire au développement des tempêtes tropicales. Par ailleurs, l’influence d’El Niño sur l’atmosphère entraîne une diminution du cisaillement vertical du vent au-dessus du Pacifique, c’est-à-dire une moindre variation de la vitesse et de la direction des vents avec l’altitude. Ces conditions sont particulièrement favorables au renforcement des ouragans.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a par ailleurs alerté jeudi sur la probabilité quasi certaine de la poursuite et de l’intensification du phénomène El Niño jusqu’à l’année prochaine.
Selon l’OMM, cet épisode pourrait perturber les régimes de précipitations et contribuer à une hausse des températures, tout en accentuant les risques d’inondations, de sécheresses et de vagues de chaleur extrêmes dans plusieurs régions du monde.
La secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, a assuré que l’organisation poursuivrait sa coopération étroite avec ses partenaires des Nations unies et les acteurs humanitaires afin de fournir les données et analyses climatiques nécessaires à la gestion des catastrophes et à la protection des secteurs particulièrement sensibles au climat, notamment l’agriculture, la santé, l’énergie et les ressources en eau.



