A la une Economie

Déchets ménagers : La Tunisie vise 30 % de valorisation d’ici 2030

Avatar photo
  • 3 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Déchets ménagers : La Tunisie vise 30 % de valorisation d’ici 2030

Le plan de développement 2026-2030 accorde une importance particulière à la question environnementale, et tout particulièrement à celle de la gestion des déchets ménagers. L’objectif affiché est d’atteindre un taux de 30 % de déchets ménagers valorisés à l’horizon 2030, un objectif de moyen terme réalisable, mais qui reste conditionné par le renforcement de la gouvernance de la filière.

La Presse —En chiffres, la Tunisie produit actuellement environ 2,8 millions de tonnes de déchets ménagers par an, dont plus de 9 % de plastiques. Seulement 10 % de cette quantité totale est valorisée. Gâchis ou potentiel ? En tout cas, si l’on considère que cette quantité importante de déchets devrait doubler d’ici 2050 selon les estimations, on mesure qu’il s’agit d’un secteur porteur. Il emploie déjà plus de 18 mille personnes et compte quelques centaines d’entreprises, dont 231 créées par des diplômés de l’enseignement supérieur.

58 centres de collecte

Le plan quinquennal poursuit d’ailleurs l’objectif d’augmenter ce taux en recourant au partenariat public-privé. Adossé à une infrastructure publique (11 décharges contrôlées, 6 décharges municipales et 58 centres de collecte et de transfert des déchets répartis sur l’ensemble du pays), le secteur est structuré autour de plusieurs filières de recyclage, dont la filière Éco-Lef.

Mais il souffre encore, d’une manière générale, d’un manque d’organisation, malgré un cadre réglementaire pionnier introduit dans les années 90 (qui nécessite aujourd’hui d’être modernisé et complété pour inclure d’autres filières) ainsi que du poids important de l’informel.

L’ambition  du plan est donc claire : bâtir un système intégré de gestion durable des déchets, socle d’une véritable économie circulaire. Il mise sur deux leviers.

D’un côté, exploiter le potentiel économique encore inexploité du secteur. De l’autre, impliquer davantage le secteur privé comme acteur à part entière d’une filière présentée désormais comme un gisement d’investissement et d’emplois.

Concrètement, l’ambition affichée est de tourner progressivement la page de la mise en décharge et de placer le curseur sur le recyclage et la valorisation matérielle, énergétique et organique. Au programme cinq unités de traitement et de valorisation, qui seront montées en partenariat public-privé, devront contribuer à l’effort pour atteindre les 30 % de déchets ménagers valorisés visés d’ici 2030. Cette approche vise à réintégrer les matières et l’énergie issues des déchets dans le cycle économique, tout en réduisant les quantités destinées aux décharges et en limitant les émissions de gaz à effet de serre.

Selon le plan, les financements qui seront alloués pour le secteur de la  gestion des déchets (à l’Anged principalement) représentent 20% du budget prévus pour les projets à réaliser dans le secteur de l’environnement et dont le montant a été fixé à près de 6,8 milliards de dinars. 

En effet, le plan de développement vise à faire du recyclage non pas  un simple impératif environnemental, mais un pilier économique à part entière et un vivier pour les PME vertes.  D’où la volonté d’ancrer, dès la source, le réflexe du tri sélectif, et de faire reculer la production de déchets elle-même.

Sur le terrain, cela passera par davantage de centres de collecte et de stations de tri, mais aussi par un nettoyage des décharges sauvages avec réhabilitation quand c’est possible et la suppression des points noirs.

Le compostage, longtemps marginal, devrait lui aussi gagner du terrain, avec l’ambition de transformer une part significative des déchets organiques en compost.

Autre chantier promis : la responsabilité élargie du producteur (REP). Le principe est simple, mais son application marquerait une rupture, les fabricants deviendraient responsables de la récupération des emballages qu’ils mettent eux-mêmes sur le marché.

Marwa SAIDI 

Avatar photo
Auteur

Marwa Saidi

You cannot copy content of this page