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Tunisie : jusqu’à 750.000 m³ d’eau perdus chaque jour par évaporation, l’alerte d’un expert

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  • 4 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Tunisie : jusqu’à 750.000 m³ d’eau perdus chaque jour par évaporation, l’alerte d’un expert

La crise de l’eau en Tunisie ne relève plus d’une situation conjoncturelle, mais résulte de l’accumulation de plusieurs années de politiques publiques qui ne sont plus adaptées à l’évolution démographique, aux nouveaux modes de vie et à l’augmentation de la demande en eau, estime l’expert en ressources hydrauliques et en développement Houcine Rahili.

Intervenant jeudi 3 septembre sur Express Fm, Rahili a souligné que l’amélioration des précipitations enregistrée durant la saison 2025-2026 et la hausse du taux de remplissage des barrages à près de 50 % n’ont pas permis d’améliorer suffisamment l’approvisionnement en eau.

Des réseaux qui ne répondent plus aux besoins

Pour l’expert, la problématique ne se limite pas à la disponibilité de la ressource. Elle concerne également la capacité des infrastructures de transport, de pompage et de distribution à acheminer l’eau jusqu’aux citoyens.

Une partie de ces réseaux a été mise en place il y a plus de 20 ou 30 ans et ne serait désormais plus en mesure de répondre aux besoins actuels, a-t-il expliqué.

Cette vétusté des infrastructures constitue ainsi l’un des facteurs susceptibles d’expliquer pourquoi l’amélioration des ressources disponibles ne se traduit pas nécessairement par une amélioration de la distribution.

Jusqu’à 750.000 m³ d’eau perdus par évaporation

Houcine Rahili a également mis en garde contre une dépendance excessive à l’égard des barrages dans un contexte de hausse des températures.

Selon lui, l’évaporation pourrait entraîner une perte quotidienne de 700.000 à 750.000 mètres cubes d’eau durant les périodes de fortes chaleurs, accentuant ainsi la pression sur les ressources hydriques.

Dans ce contexte, la Tunisie doit revoir sa politique de gestion de l’eau, a-t-il estimé, en misant notamment sur la diversification des sources d’approvisionnement, la protection des nappes phréatiques et la modernisation des réseaux de transport et de distribution.

La construction de nouveaux barrages ne devrait donc pas constituer l’unique réponse à la crise hydrique, selon l’expert.

350 à 380 m³ d’eau par habitant et par an

Houcine Rahili a par ailleurs rappelé l’ampleur du stress hydrique auquel fait face la Tunisie. La disponibilité annuelle en eau ne dépasse pas 350 à 380 mètres cubes par habitant, contre une moyenne mondiale comprise entre 700 et 900 mètres cubes.

L’expert a également souligné le lien entre les crises de l’eau et de l’énergie, particulièrement dans les régions intérieures. Les coupures d’électricité peuvent entraîner l’arrêt des stations de pompage et, par conséquent, provoquer des interruptions de l’approvisionnement en eau.

Enfin, Rahili a relevé que les difficultés d’approvisionnement ne concernent désormais plus uniquement les régions intérieures. Des gouvernorats côtiers, notamment Nabeul, Monastir, Sousse et Sfax, enregistrent eux aussi une multiplication des coupures d’eau.

Pour l’expert, cette évolution confirme que la crise hydrique est devenue une problématique nationale, nécessitant des mesures structurelles et urgentes plutôt que des interventions ponctuelles.

R.I

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Auteur

La Presse

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