Visa France : après les refus, quels recours pour les demandeurs tunisiens ?
Le taux de refus des demandes de visa de court séjour déposées auprès du consulat de France en Tunisie est passé de 18,7 % en 2024 à 15,4 % en 2025, selon les statistiques de la Commission européenne. Sur les 115 968 demandes ayant fait l’objet d’une décision en 2025, pas moins de 98 103 visas ont été délivrés contre 17 865 refusés.
Cette évolution intervient dans un contexte de forte demande de visas Schengen en Tunisie. En 2025, les consulats des pays de l’espace Schengen ont pris quelque 186 741 décisions sur des demandes de court séjour déposées en Tunisie, avec un taux global de refus de 19,6 %, en recul par rapport aux 21,7 % enregistrés en 2024. À l’échelle mondiale, le taux de refus s’est établi à 14,6 % en 2025.
La France demeure par ailleurs le principal pays sollicité depuis la Tunisie. Les statistiques européennes montrent qu’en 2025, le consulat français à Tunis a traité près de 116 000 décisions de demandes de court séjour, très loin devant plusieurs autres destinations Schengen.
Un taux de refus en baisse
La comparaison avec 2024 fait apparaître une amélioration de la situation. Le taux de refus des demandes traitées par le consulat français en Tunisie est passé de 18,7 % à 15,4 %, soit une baisse de 3,3 points en un an. En 2024, le consulat avait enregistré 106 617 demandes et refusé 19 626 dossiers, selon les données statistiques de la Commission européenne.
Cette baisse doit toutefois être interprétée avec prudence. Les statistiques européennes sont établies en fonction du lieu où la demande a été déposée et non de la nationalité du demandeur. Elles permettent donc de mesurer les décisions prises par les consulats en Tunisie, sans constituer, au sens strict, une statistique portant exclusivement sur les ressortissants tunisiens. La Commission européenne précise que ses données peuvent être consultées par pays de dépôt des demandes.
Avec 15,4 % de refus en 2025, la France affichait un taux inférieur à celui enregistré par l’ensemble des consulats Schengen présents en Tunisie, qui atteignait 19,6 %. Cette moyenne nationale a elle-même diminué de 2,1 points par rapport à 2024.
La tendance est également visible au niveau européen : après 11,7 millions de demandes de visas de court séjour en 2024, les consulats Schengen ont reçu plus de 12 millions de demandes en 2025. Malgré cette progression, le taux mondial de refus a légèrement diminué, passant de 14,8 % à 14,6 %.
Que faire en cas de refus ?
Pour les demandeurs ayant reçu une décision négative, le refus ne signifie pas nécessairement la fin de toute démarche. Le portail officiel France-Visas précise que les décisions de refus sont motivées et peuvent faire l’objet d’un recours dans un délai de 30 jours.
La procédure varie toutefois selon la nature du visa. Pour un visa de long séjour, le recours préalable doit être adressé à la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France (CRRV). Pour un visa de court séjour refusé depuis le 1er janvier 2023, le recours préalable relève du sous-directeur des visas. Dans les deux situations, le recours doit être motivé, rédigé en français et signé. Ce recours préalable est obligatoire avant une éventuelle saisine du juge administratif.
Un dossier complet ne garantit pas l’obtention du visa
En Tunisie, les demandes sont instruites par le Consulat général de France à Tunis. Le dépôt des dossiers est assuré, sauf situations particulières, par les centres TLScontact de Tunis et de Sfax. France-Visas recommande aux demandeurs d’anticiper leur démarche et rappelle qu’un dossier incomplet peut être déposé, mais que le demandeur est alors invité à prendre en compte les pièces manquantes.
Surtout, le dépôt d’un dossier complet ne signifie pas automatiquement que le visa sera accordé. L’autorité consulaire reste compétente pour apprécier la demande au regard des conditions applicables au séjour envisagé.
Attention aux intermédiaires
Le Consulat général de France en Tunisie met par ailleurs en garde les demandeurs contre les intermédiaires prétendant disposer de moyens privilégiés pour obtenir un rendez-vous ou faciliter la délivrance d’un visa. Le site officiel France-Visas souligne qu’il n’existe pas d’autre voie que la procédure officielle et déconseille le recours à des intermédiaires proposant des “facilités” non prévues par la réglementation.
Pour les demandeurs tunisiens confrontés à un refus, l’enjeu consiste donc d’abord à identifier précisément le motif de la décision, puis à déterminer si les éléments disponibles justifient un recours ou une nouvelle demande. Dans tous les cas, le respect des délais de recours est déterminant.
R.I



