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Transformations économiques, technologiques et numériques du secteur financier : De l’utilité d’une stratégie de cyber-résilience pérenne

  • 7 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Transformations économiques, technologiques et numériques du secteur financier : De l’utilité d’une stratégie  de cyber-résilience pérenne

Le Président de la République monte, à chaque fois, au créneau pour rappeler que le secteur bancaire et financier se positionne comme «un levier incontournable pour la concrétisation des objectifs stratégiques retenus par les différents programmes de développement». C’est que face aux enjeux de la croissance durable, de la justice sociale et de la souveraineté économique et financière, notre secteur phare doit absolument élever, encore plus, son niveau de contribution pour devenir, ainsi, un acteur majeur.
Pour réussir un tel défi, il doit, d’abord, assurer sa propre révolution technologique tout en adoptant une approche de cyber-résilience ou encore de cybersécurité infranchissable.

La Presse — L’environnement bancaire, comme le qualifie le Conseil du marché financier, (CMF), se caractérise, de plus en plus, par l’accélération spectaculaire des transformations économiques, financières, technologiques, numériques et réglementaires.

Cette révolution multiformes, bien qu’incontournable, expose, systématiquement, le secteur à des risques multiples et souvent graves. Une éventualité qui contraint nos professionnels à la prudence et à l’anticipation. Justement, face à ces mutations, nos institutions financières doivent, comme le recommandent nos analystes, «identifier et piloter de nouvelles vulnérabilités, c’est-à-dire utiliser leurs propres faiblesses de manière stratégique, pour résister, évoluer et garantir ainsi leur pérennité».

Les menaces les plus sérieuses concernent, essentiellement, l’évolution technologique et numérique, qui multiplie, selon les différentes études spécialisées, «les points d’entrée aux pirates informatiques, menaçant ainsi, la confidentialité des données et la continuité des services».

On estime, en parallèle, que la dépendance aux nouvelles technologies  et la complexité de tels outils, multiplient, généralement, «les risques de pannes et d’erreurs, ce qui suppose une gestion prudente et rigoureuse».

Sans parler, bien entendu, du développement des techniques de fraudes en ligne et l’émergence de nouvelles pistes «malveillantes» qu’on pense difficiles à contrôler.

Par ailleurs, les analystes reconnaissent que l’évolution réglementaire qui accompagne, systématiquement tout développement technologique, comme l’exigent les dispositions prudentielles de Bâle, pourrait exposer les institutions financières à des risques de non-conformité, synonymes de sanctions financières assez conséquentes.

Surveillance et réglementation adaptée

Et ce n’est pas tout. A chaque fois qu’on parle d’évolution technologique, l’on s’attend, systématiquement, à l’aggravation des incertitudes macroéconomiques car, comme l’affirment certaines études, «l’inflation, la volatilité des taux d’intérêt et les mutations industrielles, de plus en plus fréquentes, compliquent l’évaluation de la solvabilité des emprunteurs». D’où les problèmes de défaut de paiement.

L’on estime aussi, que la digitalisation soutenue des services renforce l’interconnexion des marchés, accélère les transactions financières et les transferts des capitaux et augmente les risques de dérapages, ce qui fait que les institutions financières traditionnelles, encore en retard technologique, seraient incapables de gérer la concurrence et seraient, certainement, exposées à la perte de parts de marchés conséquentes et donc à la perte de leur rentabilité.

Ainsi, et pour pouvoir contourner ces risques, les institutions bancaires et financières, doivent, conseillent les experts, «s’entourer d’une stratégie de résilience active». Il ne s’agit pas, soutiennent ils, «de freiner l’innovation, mais plutôt de s’y adapter et de savoir sécuriser sa trajectoire». C’est-à-dire, s’assurer, en permanence, une agilité technologique pour espérer réagir instantanément en cas de risque.

C’est d’ailleurs en réponse à cette exigence que la Banque centrale de Tunisie et le CMF ont signé, tout récemment, une convention de collaboration, pour consolider  l’échange d’informations, accentuer la surveillance des services et transactions numériques au niveau des institutions financières et approfondir la lutte contre le blanchiment d’argent.

L’accord réaffirme, en effet, la nécessité d’élever le niveau de cette surveillance et «de l’approcher des normes internationales et des meilleures pratiques en matière de supervision financière».

Un enjeu prioritaire pour espérer sécuriser le processus d’innovation et de modernisation au niveau du secteur bancaire et financier, de permettre à nos institutions de bien conduire leur propre révolution technologique et de prétendre à une forte rentabilité durable.

Cette exigence de rentabilité est d’autant plus importantre que notre secteur financier serait appelé, tout au long de la prochaine étape, à s’impliquer d’avantage, comme le souligne à chaque fois le Président de la République, dans la concrétisation des différents objectifs stratégiques retenus par nos programmes de développement, entre autres, le plan 2026-2030.

Auteur

Anis SOUADI

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