Société

Sevrage tabagique : Salah Azaiz mise sur la prévention plutôt que la sanction

  • 7 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Sevrage tabagique : Salah Azaiz mise sur la prévention plutôt que la sanction

Fini la cigarette à l’Institut Salah Azaiz. Invité ce 7 septembre 2026 sur les ondes d’Express FM, le professeur Hatem Bouzaiene l’affirme sans détour : l’établissement est désormais un espace totalement non-fumeurs, jardin et parking compris.

L’institut a officialisé ce statut samedi 6 juin, lors d’une journée d’information marquée par des conférences et des ateliers, en présence du ministre de la Santé venu apporter ses encouragements. Portée par le professeur Bouzaiene, cette transformation vise à faire de l’institut un modèle de prévention et de santé publique. Le professeur explique que le temps passé à l’hôpital, qu’il s’agisse d’une garde de six à huit heures pour le personnel ou d’une hospitalisation de plusieurs jours pour un patient, constitue une occasion propice pour amorcer un sevrage tabagique définitif.

Des consultations de sevrage tabagique sont désormais proposées chaque mardi au sein du département de prévention, sous la responsabilité de la doctoresse Hend Heyam El Khiari. Le professeur Bouzaiene rappelle que la mission de l’institut ne se limite pas au traitement des maladies mais inclut pleinement la prévention. Dans un premier temps, ces consultations s’adressent en priorité au personnel hospitalier et aux patients, avant une ouverture progressive au grand public. Le ministère de la Santé, par l’intermédiaire de la directrice régionale de la santé et de la responsable de la direction des soins de santé de base, fournit gratuitement des substituts nicotiniques sous forme de patchs. Une phase d’évaluation est également prévue pour mesurer l’efficacité du programme et garantir la pérennité de cet environnement sans fumée.

Sur le plan méthodologique, le professeur Bouzaiene met l’accent sur la sensibilisation plutôt que sur la seule répression légale. Des travaux législatifs sont menés en parallèle avec l’autorité de tutelle pour renforcer la réglementation, mais il considère que la crainte de la sanction ne doit pas être le principal levier du changement. Selon lui, le tabagisme doit être perçu comme un comportement socialement inacceptable, au même titre que le vol, évité par conscience morale plutôt que par peur de l’amende. Il insiste sur les dangers directs encourus par le fumeur, les risques pour son entourage, le coût financier supporté par la collectivité, ainsi que le poids moral et physique imposé aux enfants d’un fumeur devenu malade. Les sanctions légales ne doivent, selon lui, intervenir qu’en dernier recours, pour la minorité récalcitrante.

Les consultations du mardi se font exclusivement sur rendez-vous, l’arrêt du tabac n’étant pas considéré comme une urgence médicale. Cette phase initiale concerne principalement les employés et les milliers de Tunisiens disposant déjà d’un dossier médical actif au sein de l’institut.

Le professeur Bouzaiene a également tenu à dissiper l’image sombre associée à l’Institut Salah Azaiz. Il souligne que la majorité des patients guérissent, malgré des difficultés logistiques et un manque de moyens, et que seuls les cancers diagnostiqués tardivement restent complexes à traiter. Les statistiques de l’établissement font état d’un taux de guérison global de 70 % pour l’ensemble des cancers, toutes étapes confondues, un taux qui atteint 90 %, voire 100 % dans certains cas, lorsque la maladie est détectée précocement. Le professeur invite ainsi les patients à ne pas craindre l’institut, à respecter leurs rendez-vous de contrôle et à venir sans appréhension chercher de l’aide pour arrêter de fumer.

Auteur

S. M.

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