Sécurité alimentaire : une délégation de l’ACSAD audite la filière ovine à Béja et salue le modèle tunisien des groupements
Pour faire face au stress thermique, la modernisation des structures de production animale et l’implémentation de protocoles de résilience biologique s’avèrent au cœur de l’actiualité. Dans ce cadre, le directeur général du Centre arabe pour l’étude des zones sèches et des terres arides, Nasreddine Abid, a dirigé, hier, une visite de terrain au siège de l’Office de l’élevage et des pâturages à Béja pour évaluer les performances de la filière laitière et fourragère tunisienne.
Cette inspection interarabe, vise à exporter l’ingénierie tunisienne des groupements de développement agricole vers le Moyen-Orient et à consolider les 7 projets d’adaptation climatique en cours d’exécution avec le ministère de l’Agriculture.
Accueillie au sein des structures de la direction régionale de Béja par le chargé de la gestion de l’Office de l’élevage et des pâturages, Anis Zgolli, la haute délégation du Centre arabe pour l’étude des zones sèches et des terres arides (ACSAD) a procédé à un audit complet des infrastructures d’élevage du nord-ouest.
Le choix stratégique de ce gouvernorat est justifié par son poids pivot dans l’approvisionnement laitier de la République et pour la réussite de ses écosystèmes d’intégration, illustrés sur le terrain par l’inspection d’une exploitation pilote dédiée à la préservation de la race ovine Sicilo-Marde, une variété rare dont le circuit intègre la totalité de la chaîne de valeur, de la production de semences fourragères à la transformation finale. Le diagnostic opérationnel mené par les experts de l’office régional met en relief la robustesse institutionnelle de la méthodologie tunisienne en matière d’organisation des petits et moyens producteurs.
Le directeur de la richesse animale de l’ACSAD, Mohamed El Nasri, a souligné que l’interconnexion systématique établie entre les cycles de collecte, d’industrialisation et de mise à niveau continue des compétences constitue un cas d’école transférable aux autres pays de la Ligue arabe. La Tunisie, qui assure actuellement la présidence du conseil exécutif de l’organisation, s’impose comme un laboratoire de référence grâce à son réseau de groupements de développement agricole, une architecture syndicale et logistique encore absente dans plusieurs pays de la région arabe et indispensable pour stabiliser les cours des matières premières.
Quant au volet de l’ingénierie agronomique et de l’amélioration génétique, la directrice régionale de l’office, Basma Ben Youssef, a exposé les protocoles de rationnement alimentaire appliqués pour neutraliser l’impact de la sécheresse sur la productivité du bétail. Les brigades techniques concentrent leurs efforts sur la vulgarisation des mélanges fourragers enrichis par la valorisation des sous-produits industriels et sur la numérisation du suivi des cheptels.
Les commissions mixtes ont ainsi présenté le nouveau système de contrôle de la productivité des petits ruminants, un protocole d’évaluation biométrique couvrant un échantillon de 50 000 têtes. Adossé au déploiement d’une application applicative de conseil vétérinaire en temps réel, ce dispositif technologique cible l’augmentation mécanique du poids des agneaux avant le sevrage pour reconstituer le capital ovin national, fortement impacté par les anomalies climatiques.
S.R.



