Economie

Notation financière : l’économiste Moez Soussi décrypte le maintien de la note souveraine de la Tunisie à B-

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  • 9 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Notation financière : l’économiste Moez Soussi décrypte le maintien de la note souveraine de la Tunisie à B-

Moez Soussi, universitaire et expert en économie, a analysé ce mercredi 9 septembre 2026, les facteurs structurels ayant conduit l’agence de notation Fitch Ratings à maintenir la note souveraine de la Tunisie à B- avec perspectives stables. D’emblée, il dit que cette évaluation macroéconomique met en lumière l’aptitude de l’administration publique à honorer ses créances extérieures obligataires tout en alertant sur la faiblesse des indicateurs de croissance attendus. Donne qui pousse les institutions financières à exiger des réformes fiscales immédiates pour stabiliser la trajectoire de la dette.

Lors d’une allocution sur les ondes de Jawhara FM, l’analyste économique Moez Soussi a démontré que la Tunisie bénéficie d’une prime de résilience technique liée à la régularité exemplaire de son service de la dette extérieure. « La centralisation d’un volume de réserves de change adéquat permet de couvrir les échéances obligataires immédiates et écarte le risque de défaut de paiement à court terme. Ainsi, et en dépit des tensions de la trésorerie, cette notation valide la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers», a-t-il affirmé pour situer la position comptable du pays sur les marchés de capitaux régionaux.

L’analyse factorielle des indicateurs de production sectorielle met néanmoins en évidence des vulnérabilités durables qui entravent la relance économique globale. Les modèles prévisionnels anticipent une trajectoire de croissance réelle modeste, plafonnant à une moyenne de 2 % sur le cycle s’étendant de 2026 à 2028, un rythme de création de richesse jugé insuffisant pour éponger les déficits structurels de la balance courante. Selon le diagnostic de l’universitaire, la stagnation du produit intérieur brut maintient l’office budgétaire sous une contrainte de financement lourde. « Tant que le Trésor dépendra de mécanismes exceptionnels de refinancement direct auprès de la Banque centrale, les marges de progression de la classification tunisienne resteront sévèrement limitées », a-t-il indiqué tout en pointant du doigt l’urgence de rationaliser les dépenses de fonctionnement.

Pour briser ce plafond de verre institutionnel et engager le pays vers une trajectoire ascendante de notation, la direction des réformes doit articuler sa stratégie autour d’un choc d’investissement de surface. Dans ce sens, l’économiste exhorte les ministères financiers à élargir l’assiette fiscale, à lever les verrous bureaucratiques qui bloquent les partenariats public-privé et à mobiliser des ressources d’épargne nationales durables. « La mise en œuvre de ces réformes de fond est la seule issue financière capable de substituer un endettement productif aux actuels crédits de trésorerie passifs, garantissant ainsi à la Tunisie d’élever son profil souverain lors des prochains audits de notation internationale et de restaurer sa pleine attractivité auprès des bailleurs de fonds multilatéraux ».

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Auteur

Abir Chemli

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