Economie Société

Campagne agricole : ces défis qui inquiètent déjà les agriculteurs

  • 11 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Campagne agricole : ces défis qui inquiètent déjà les agriculteurs

À l’approche du démarrage de la campagne agricole 2026-2027, les préparatifs s’intensifient en Tunisie, dans un contexte marqué par les difficultés d’approvisionnement en certains intrants et les contraintes financières auxquelles font face les agriculteurs. La disponibilité des semences, notamment sélectionnées, ainsi que l’approvisionnement en engrais, figurent parmi les principales préoccupations exprimées à ce stade.

Imed El Ouadhour, membre du Conseil national du Syndicat tunisien des agriculteurs, a souligné que les professionnels du secteur ont tiré les leçons des difficultés rencontrées lors de la précédente campagne et cherchent désormais à anticiper les éventuelles pénuries.

Concernant les semences, plusieurs agriculteurs ont notamment conservé une partie de leur production afin de disposer de stocks pour la nouvelle saison. Les semences sélectionnées et certifiées devraient, pour leur part, être disponibles auprès des coopératives, des entreprises spécialisées et des centres de collecte.

La campagne précédente avait été marquée par des difficultés d’approvisionnement, contraignant certains agriculteurs à rechercher des semences jusqu’au mois de janvier. Pour la nouvelle campagne, le programme officiel prévoit environ 524.000 quintaux de semences certifiées, contre quelque 265.000 quintaux la saison précédente. Ce volume devrait toutefois couvrir près de 30% des besoins.

Le DAP au centre des préoccupations

L’approvisionnement en engrais constitue également un point de vigilance. Si les disponibilités en ammonitrate sont actuellement jugées satisfaisantes, la situation demeure plus préoccupante pour le phosphate diammonique (DAP).

Selon Imed El Ouadhour, les quantités de DAP actuellement disponibles ne correspondent pas encore aux besoins exprimés par les agriculteurs, alors que les opérations de semis des cultures fourragères dans les régions du Nord doivent commencer à partir de la mi-octobre.

“Le syndicat appelle ainsi à faciliter l’approvisionnement des agriculteurs en différents intrants afin d’éviter que les difficultés enregistrées lors de la précédente campagne ne se reproduisent”, a-t-il encore précisé, dans une déclaration à Mosaique Fm.

Le financement, autre défi majeur

L’accès au financement demeure, par ailleurs, un enjeu important pour les exploitants agricoles. Les difficultés rencontrées durant la saison précédente, conjuguées à des rendements parfois faibles, ont réduit les capacités financières d’une partie des agriculteurs.

Le secteur appelle ainsi les banques et les institutions de microfinance à accélérer l’octroi des crédits saisonniers, afin de permettre aux agriculteurs de couvrir leurs dépenses dès les premières étapes de la campagne, notamment les travaux de préparation des terres, l’acquisition des semences et l’achat des engrais.

11,7 millions de quintaux collectés en 2025

Pour rappel, la campagne céréalière de 2025 avait permis de collecter environ 11,7 millions de quintaux de céréales. Ce bilan intervient alors que les autorités ont engagé les préparatifs de la nouvelle saison en mettant l’accent sur l’anticipation des besoins et la disponibilité des intrants.

Une réunion ministérielle restreinte tenue le 20 août 2026 avait notamment insisté sur la nécessité de renforcer la préparation de la campagne et d’intervenir rapidement face aux éventuelles fluctuations climatiques à l’approche de l’automne.

Les dernières précipitations constituent, à cet égard, un signal encourageant pour les agriculteurs. Leur impact sur la campagne dépendra toutefois, dans une large mesure, de la disponibilité des intrants à temps et de la capacité à assurer le financement des différentes étapes de la production.

R.I

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R. I

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