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Système éducatif : l’Association pour la qualité de l’enseignement dénonce le système de mémorisation et le recul du positionnement national

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  • 14 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Système éducatif : l’Association pour la qualité de l’enseignement dénonce le système de mémorisation et le recul du positionnement national

À l’heure où les bancs de l’école s’apprêtent à accueillir des millions d’élèves, le diagnostic posé sur l’état de santé de notre enseignement public fait froid dans le dos. Loin d’être un espace d’épanouissement intellectuel ou d’assimilation profonde, l’école tunisienne s’est hélas transformée, au fil des deux dernières décennies, en une immense machine de tri mécanique et de simple bourrage de crâne. C’est le triste constat dressé ce matin du lundi 14 septembre 2026 par le président de l’Association tunisienne pour la qualité de l’éducation, Slim Kassem. Ce dernier dénonce une obsession institutionnelle pour les notes et critique qu’on place les taux de réussite administratifs et les statistiques de façade en haut de la pyramide des priorités. Et ce, déplore-t-il, au détriment du développement cognitif des enfants.

En effet, intervenant en cette veille de rentrée au micro de Jawhara FM, M. Kassem a brossé le tableau d’une rentrée scolaire malade de moult carences pédagogiques chroniques. De fait, l’intervenant a souligné que l’évaluation des élèves s’est malheureusement réduite au seul exercice des examens, installant ainsi une hideuse culture de la mémorisation passive et de bachotage obligatoire. Il a laissé entendre que ce tarissement de la réflexion pousse inévitablement les familles à se ruer vers les cours particuliers, une économie parallèle devenue indispensable pour compenser les lacunes des salles de classe. Situation qui aggrave les inégalités sociales entre les élèves de différents rangs sociaux et fragilise le budget des ménages contraint de mettre la main à la poche pour remédier aux maladies d’un système défaillant.

Abordant le volet du positionnement de la Tunisie à l’échelle mondiale, Slim Kassem n’a pas hélas illuminé ce tableau qui semble sombre. Il a révélé que « le pays a délibérément choisi de s’isoler en se retirant des grandes évaluations internationales, à l’instar du programme PISA ». Ce retrait, explique-t-il, « prive l’administration d’outils de mesure comparatifs précieux pour ajuster ses réformes face aux modèles mondiaux les plus performants, comme celui de l’Estonie ». À ce titre, l’expert a rappelé que son organisation a bénévolement soumis au ministère de l’Éducation un référentiel national complet articulé autour de 8 axes stratégiques. « Ce référentiel inclue le volet de la gouvernance, celui des ressources humaines et du climat scolaire », note-t-il. Le mot d’ordre est clair : « la refonte globale doit s’amorcer au cœur même de l’école et non pas depuis les bureaux ministériels ».

Le président de l’association a conclu son intervention en alertant sur l’impact humain de cette crise. « En réduisant le rôle de l’établissement à l’instruction brute tout en occultant sa mission éducative et citoyenne, le système a provoqué une explosion du décrochage scolaire, qui broie chaque année des dizaines de milliers de mineurs livrés à eux-mêmes », dénonce-t-il. Et de conclure que pour redorer le blason et restaurer la dignité de l’école tunisienne, il faut « une vision stratégique et à long terme qui garantisse la continuité d’apprentissage entre les différents cycles et remette l’humain au centre des priorités ».

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Auteur

Abir Chemli

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