Rentrée scolaire : rendre accessible le transport rural dans les zones enclavées
La rentrée scolaire dans les régions et notamment dans les zones enclavées soulève, chaque année, le problème du transport rural. L’absence de réseaux adaptés et le manque de moyens contraignent des milliers d’élèves à parcourir à pied de longs trajets sur des chemins escarpés et risqués. Cette pénibilité quotidienne engendre une fatigue physique qui impacte la capacité de concentration en classe et s’impose comme l’une des causes directes de l’absentéisme et du décrochage scolaire des élèves.
Consciente de l’importance capitale du transport scolaire dans la réussite des études scolaires et dans la lutte contre l’abandon scolaire, l’association EL Madaniya s’est engagée, depuis 2011, sur le terrain afin de développer le transport rural scolaire dans les régions. Bénéficiant du soutien financier et logistique d’institutions bancaires, d’opérateurs mobiles à l’instar de Tunisie Telecom ainsi que d’Enda-Arabe, l’association a pu déployer, au cours de ces dernières années, un vaste réseau dans douze gouvernorats et 54 délégations, permettant à plus de 6000 élèves dont 48% de filles de se rendre grâce au transport rural à leurs établissements. Afin d’étendre son action à d’autres gouvernorats, l’association a fait appel aux conseils régionaux afin de pouvoir mettre en place des moyens de transport ruraux et de créer des points de regroupement au profit du maximum d’élèves habitant dans les zones rurales.
Mais cette initiative citoyenne ne suffit pas à elle seule à pallier les carences en matière de transport rural à l’échelle du territoire. Les changements climatiques, ces dernières années, responsables d’épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents à l’instar de précipitations abondantes à l’origine de crues ou de la hausse de températures qui dépassent les moyennes saisonnières et qui se prolongent jusqu’en hiver rendent nécessaires le renforcement du transport rural scolaire dans le cadre d’une stratégie nationale impliquant les ministères concernés. Celle dernière doit s’articuler principalement autour de l’identification et de la priorisation des zones rurales enclavées où les établissements éducatifs sont éloignés de la majorité des lieux d’habitation des élèves et de la mobilisation de moyens de transport ruraux adaptés aux spécificités géographiques de ces régions afin de permettre au plus grand nombre d’enfants vivant dans les zones rurales à l’échelle de tout le territoire de se rendre en toute sécurité à leur établissement. Cela pourra ainsi contribuer à réduire les inégalités territoriales en matière de transport scolaire, combler le fossé entre les zones urbaines et rurales et garantir l’égalité des chances et de réussite en matière d’éducation et ce grâce au déploiement d’un réseau de transport scolaire régional et rural sur l’ensemble du territoire.



