L’utilisation de ChatGPT et d’autres robots conversationnels alimentés par l’intelligence artificielle, tels que Gemini et Claude, fait désormais partie du quotidien de millions de personnes. Face à cette utilisation croissante, des experts en cybersécurité mettent en garde contre le partage excessif d’informations personnelles et sensibles avec ces outils.
Les spécialistes recommandent notamment de profiter des capacités des robots d’intelligence artificielle sans leur fournir d’informations permettant d’identifier directement l’utilisateur. Lorsqu’il est nécessaire de soumettre un document à l’analyse ou de discuter d’une question personnelle, ils conseillent de supprimer au préalable les noms, numéros, adresses et autres données d’identification afin de limiter les risques.
Les données personnelles d’identification
Parmi les principales informations auxquelles les utilisateurs doivent réfléchir avant de les communiquer figurent les données personnelles d’identification, notamment le nom complet, l’adresse du domicile, le numéro de téléphone ainsi que les numéros de documents officiels, tels que le passeport, le permis de conduire ou les pièces d’identité.
Selon les experts, le partage de ce type de données peut accroître les risques d’usurpation d’identité et d’utilisation abusive des informations.
Les détails intimes de la vie personnelle
Les experts mettent également en garde contre le partage de détails intimes relatifs à la vie personnelle.
Ashley Casovan, directrice au sein de l’International Association of Privacy Professionals (IAPP), estime que certaines personnes se sentent plus à l’aise pour révéler des informations personnelles à un chatbot qu’à un moteur de recherche traditionnel. Le caractère interactif de la conversation peut donner à l’utilisateur l’impression d’échanger de manière plus proche avec un interlocuteur humain.
Cette impression peut toutefois créer un faux sentiment de sécurité et inciter l’utilisateur à communiquer davantage d’informations qu’il ne l’aurait fait à travers un moteur de recherche.
Il peut notamment s’agir d’informations sensibles concernant les pensées, les comportements, l’état psychologique ou les relations personnelles, particulièrement alors que les robots d’IA sont de plus en plus utilisés pour des usages s’apparentant au soutien psychologique ou au coaching personnel.
Les informations médicales également concernées
Le recours à l’intelligence artificielle pour obtenir des informations et des conseils en matière de santé est également en hausse. Si ces outils peuvent aider à mieux comprendre certaines questions médicales, leur utilisation soulève des interrogations concernant à la fois la confidentialité des données et la fiabilité des informations fournies.
Les experts recommandent ainsi d’éviter de transmettre des dossiers médicaux contenant des informations permettant d’identifier directement leur titulaire.
En cas de nécessité de discuter de données de santé avec un outil d’IA, il est conseillé de supprimer le nom, les numéros de dossier et les autres informations susceptibles de révéler l’identité de la personne concernée.
Attention aux données professionnelles confidentielles
Les informations professionnelles sensibles doivent également rester hors des conversations avec les robots d’intelligence artificielle, notamment les données internes des entreprises, les rapports confidentiels, les informations relatives aux clients, les codes informatiques protégés ou encore tout contenu couvert par un accord de confidentialité.
L’expert en sécurité de l’information George El-Khoury avertit que l’introduction d’une seule information sensible dans certains services d’IA pourrait, en fonction de la nature des données et des règles auxquelles l’organisation est soumise, entraîner des problèmes sur le plan contractuel ou réglementaire.
Les données financières à protéger
Les experts recommandent enfin de ne pas partager avec les robots d’IA les fiches de paie, les informations relatives aux comptes bancaires et aux investissements, les données des cartes bancaires, les déclarations fiscales ou tout autre document révélant des informations sur les revenus et le patrimoine.
La divulgation de telles données à des personnes mal intentionnées pourrait, selon les spécialistes, favoriser leur utilisation à des fins de fraude ou de chantage, notamment contre la personne concernée ou les membres de sa famille.
Une précaution essentielle : anonymiser les données
De manière générale, les experts recommandent donc de limiter au strict nécessaire les informations communiquées aux outils d’intelligence artificielle. Lorsqu’un document ou une situation doit être soumis à un chatbot, la suppression préalable des données directement ou indirectement identifiantes constitue une mesure de précaution destinée à réduire les risques liés à la confidentialité et à l’utilisation abusive des informations.



